Valls insulté par Mélenchon : "Ce n'est pas un coup de colère, je le connais bien"

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L’ex-Premier ministre, qui aurait été traité de nazi par le leader de la France insoumise début octobre à l’Assemblée, accuse son adversaire d’"opportunisme" par rapport à "un nouvel antisémitisme".

INTERVIEW

La tension n’est pas prête de retomber entre Manuel Valls et Jean-Luc Mélenchon. Vendredi, le leader de La France insoumise avait démissionné de la mission d'information parlementaire sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, présidée par l'ancien Premier ministre, traitant publiquement au passage selon Le Canard enchaîné ce dernier de "nazi" (ce que Jean-Luc Mélenchon a démenti), et d’autres noms d’oiseaux. "Je ne l’ai pas entendu, mais il l’a dit selon différents témoins. Mais devant moi, il a proféré de nombreuses insultes", a confirmé le député de l’Essonne, invité d’Europe Matin jeudi. "Ce n’est pas un coup de colère de sa part. Je le connais bien. C’est parfaitement maîtrisé", a-t-il aussi estimé, accusant son adversaire de vouloir le disqualifier, mais aussi d’exploiter un "nouvel antisémitisme" latent en France. "Il y a au moins de l’opportunisme", a-t-il lancé.

"C'est insupportable". L'ancien Premier ministre a d'abord accusé Jean-Luc Mélenchon de vouloir le disqualifier. "Quand vous traitez un responsable politique, un social-démocrate, un démocrate, un républicain, de droite ou de gauche, de fasciste, de nazi, quand vous l’insultez, c’est une manière de le disqualifier, d’empêcher le débat. C’est pour ça que c’est insupportable", a-t-il jugé. 

"Quand votre oratrice principale, c'est la députée Obono..." Mais surtout, Manuel Valls ne retire rien de ses accusations de "complaisance" qu'aurait son adversaire à l'égard de l'islam radical. "Il y a une partie de la gauche qui est soit complaisante, soit qui n’a pas pris conscience de ce qu’est la réalité dans un certain nombre de nos territoires", a-t-il lancé, allant plus loin sur son adversaire du moment. "C’est théorisé au sein de La France insoumise. Quand sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme, votre oratrice principale, c’est la députée Obono, dont on connaît aujourd’hui les prises de position, les textes qu’elle a écrits, après les attentats de janvier 2015, après la manifestation du 11 janvier. Quand elle dit qu’elle a plutôt pleuré pour Dieudonné et pas pour les victimes de Charlie, il y a là une vraie conception", a martelé le député de l'Essonne. 

"On veut dire que Manuel Valls est l'ami des juifs". Mais pour Manuel Valls, "il y a plus grave". Dans sa lettre de démission de la mission sur la Nouvelle-Calédonie envoyée par Jean-Luc Mélenchon au président de l'Assemblée nationale François de Rugy, le leader de La France insoumise pointe une proximité de l’ancien Premier ministre "avec l'extrême droite israélienne", en référence à une photo l'affichant au côté de la ministre de la Justice de l'État juif, Ayelet Shaked. "Quand je vais en Israël, je rencontre tout le monde. Mais quand on publie ce cliché et quand on dit que je suis l’ami de l’extrême droite israélienne, au fond, on veut passer un seul message : dire que Manuel Valls est l’ami des juifs", a accusé le député de l'Essonne.

"C'est oublier que ce nouvel antisémitisme est là". "C’est là où il y a une complaisance, là où Jean-Luc Mélenchon et ses amis ne se rendent pas compte - ou ils s’en rendent compte et c’est encore plus grave - que l’antisémitisme, ou l’antisionisme, ce nouvel l’antisémitisme d’aujourd’hui, est au cœur de la matrice de l’idéologie de l’islamisme totalitaire", a insisté Manuel Valls. "C’est oublier que ce nouvel antisémitisme est là. Il est présent dans les quartiers populaires depuis des années. Il a fait des dégâts considérables. Il est au cœur de la radicalisation de milliers de gamins."

"On veut faire de moi une cible". "Quand on me désigne comme l’ami des juifs, on veut faire de moi une cible. Et c’est inacceptable. Et c’est pour ça qu’il y a là une rupture. J’avais dit en 2016 qu’il y avait parfois deux gauches qui étaient irréconciliables. Et malheureusement, les faits me donnent raison", a conclu l’ancien Premier ministre.  

>> Retrouvez l'intégralité de l'interview de Manuel Valls ici :