Taubira : "La gauche s'est laissée dépouiller" par la droite

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Taubira : "La gauche s'est laissée dépouiller" par la droite
@ Marie Etchegoyen/Europe 1
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INTERVIEW E1 - La ministre de la Justice regrette que sa famille politique ne parvienne plus à exprimer convenablement sa ligne.

L'INFO. A peine les résultats du second tour étaient-ils connus que certains ténors de gauche en voulaient déjà à Manuel Valls. Les frondeurs et Martine Aubry ont demandé une réorientation de la politique menée, et Arnaud Montebourg a été plus virulent encore. Christiane Taubira, elle, a estimé dans un entretien à L'Obs que "la gauche a adopté les mots de la droite". Invitée d'Anne Sinclair samedi matin, la ministre de la Justice a toutefois assuré que "cela ne vise pas le président et le Premier ministre, mais l'ensemble de la gauche".

"La gauche a perdu ses propres mots". Pour Christiane Taubira, depuis une dizaine d'années, "la gauche a été confrontée à une offensive de droite, culturelle, sémantique et politique. La gauche s'est laissée dépouillée, avec un cambriolage sur la laïcité, une façon de galvauder la République. Et, en face de ça, la gauche a perdu ses propres mots. On ne les a pas tous retrouvés. C'est collectivement que nous avons manqué de vigilance".





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"Il y a des actes de gauche". Si les mots ne sont plus de gauche, les actes le sont-ils ? "Il y a des actes de gauche, car ce gouvernement lutte contre l'injustice sociale. Et il le fait de façon rigoureuse et déterminée, que ce soit dans la politique en matière de santé, d'éducation, d'emploi, avec l'accompagnement des jeunes", a estimé la garde des Sceaux avant de regretter que "ce ne soit pas suffisamment présenté. Mais c'est parce que l'on s'est appauvri en mots que nous avons des difficultés à faire comprendre ces actes de justice sociale".

"J'ai des amis frondeurs". Assumant sa proximité avec les frondeurs, Christiane Taubira estime qu'il "faut accepter qu'il y ait des approches différentes. Cela doit aider le gouvernement. La première exigence, c'est la loyauté, qui découle de la responsabilité. J'ai des amis frondeurs, avec qui je peux avoir des désaccords. Je tiens à la liberté de penser".

"Le FN est un adversaire et même un ennemi de la République". Interrogée sur la montée du Front national dans les urnes, la ministre de la Justice a affirmé que  "le FN est un adversaire et même un ennemi de la République et de la démocratie". Deux jours après l'énième dérapage de Jean-Marie Le Pen, Christiane Taubira a tenu à rappeler que "nous connaissons l'histoire du Front national, nous connaissons les références philosophiques du Front national. L'actuel Front national s'est juste donné quelques couches de vernis pour faire croire qu'il a rompu avec son passé. En vérité, il n'a jamais explicitement rompu ni avec sa filiation idéologique ni avec son passé". Et de conclure : le parti frontiste "parasite la République et il n'est pas républicain".





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"L'UMP, un réservoir de voix pour le Front national".Nicolas Sarkozy veut interdire les menus différenciés les jours où il y a du porc à la cantine, et Marine Le Pen ne dit pas autre chose. Des positions que les deux dirigeants justifient au nom de la laïcité. Mais pour la garde des Sceaux, "cela n'a strictement rien à voir avec la laïcité. Rien. Cela illustre l'une des attitudes et pratiques de l'UMP. On a vu lors des départementales que l'UMP constitue, dans un certain nombre de territoire, un réservoir de voix pour le Front national".

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