L'arrêt des négociations sur le Tafta, une option "probable", pour Fekl

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Le secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur Matthias Fekl affirme que les négociations du TAFTA n'aboutiront probablement pas 

Le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl, a assuré mardi sur Europe 1 que l'arrêt des négociations sur le traité de libre-échange transatlantique (Tafta ou TTIP) est aujourd'hui "l'option la plus probable", en raison de "l'état d'esprit des Etats-Unis". Cette prise de position intervient au lendemain de la publication par Greenpeace de 248 pages de documents prouvant, aux yeux de l'ONG, l'étendue des conséquences néfastes sur la santé et l'environnement.

"En l'état, la France ne peut pas le signer". "C'est un accord, qui, tel qu'il est aujourd'hui est un mauvais accord. En l'état, la France ne peut le signer" a déclaré Matthias Fekl. Le secrétaire d'Etat chargé du commerce extérieur a donc énuméré certaines conditions pour trouver un terrain d'entente avec Washington. "Nous souhaitons que nos PME aient accès au marché américain. Nous souhaitons défendre l'agriculture, les indications géographiques", a-t-il expliqué. Il a également insisté sur le volet environnemental, affirmant que le TAFTA était en contradiction avec les objectifs de la COP21 : "ça n'aurait aucun sens d'avoir fait la COP21 en décembre à Paris et quelques mois après, signer un accord qui viendrait la détricoter" explique-t-il. 

Absence de réciprocité des Etats-Unis. Mathias Fekl dénonce également l'absence de réciprocité des Etats-Unis dans ces négociations : "l'Europe donne beaucoup, propose beaucoup mais elle reçoit très peu en échange et ce n'est pas acceptable." Il a laissé entendre que Paris ne se laisserait pas imposer un traité contre sa volonté. "Il ne peut pas y avoir d'accord sans la France, et encore moins contre la France", a-t-il martelé.

"Nous en sommes là : dans des négociations qui sont totalement bloquées", a-t-il conclu. 

Greenpeace a publié lundi des documents confidentiels sur ces discussions qui renforcent, selon les ONG, la crainte que cet accord commercial conduise à une déréglementation généralisée au profit des grandes entreprises.
Négocié dans le plus grand secret depuis mi-2013, l'accord TTIP, également appelé Tafta, vise à supprimer les barrières commerciales et règlementaires de part et d'autre de l'Atlantique pour créer une vaste zone de libre-échange censée doper l'activité économique.