Sortie de l'euro : Marine Le Pen reconnaît s'attaquer à "la quadrature du cercle"

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La dirigeante du FN a expliqué au micro d'Europe 1 vouloir concilier la ligne souverainiste de son parti avec l'angoisse des électeurs quant à une sortie de la monnaie commune.

INTERVIEW

Le FN est-il sur le point d'abandonner l'une des mesures les plus marquantes et les plus polémiques de son programme : la sortie de l'Euro ? Selon une information du Figaro, publiée mercredi, Marine Le Pen souhaiterait liquider ce point phare de la doctrine frontiste, ce qu'elle dément pourtant sur Europe 1 jeudi. "Comment Le Figaro peut-il savoir et titrer cela ? Il va y avoir un séminaire, et ce séminaire va permettre d’organiser une grande consultation des adhérents du FN. Donc, avant que les adhérents aient pris position, je ne vois pas comment Le Figaro peut avoir l'outrecuidance de connaître la pensée profonde des adhérents ou des électeurs du FN", a-t-elle réagi.

"Notre pays mérite d'être souverain". À mi-mots, la dirigeante frontiste explique qu'elle reste favorable à une sortie de l'euro : "Je dis à l'intérieur du FN ce que je dis sur les plateaux, parce que je n'exprime que ma conviction profonde : je pense que notre pays mérite d'être souverain, parce qu'il s'est battu pour cela pendant des siècles. Il mérite de décider pour lui-même". Néanmoins, elle veut "ten[ir] compte de l'angoisse de [ses] compatriotes face à ce qu'il ont perçu comme une sortie brutale de l'euro, ce qui n'a jamais été le cas dans [ses] projets", assure-t-elle.

"On va y arriver". "Je vais essayer de concilier cette nécessité d’être libre chez nous, souverain chez nous, Français, et rassurer ces derniers sur cette question monétaire", a déclaré Marine Le Pen. "Certes, ça va un peu être la quadrature du cercle, mais je suis convaincu qu'on va y arriver", concède la nouvelle députée du Pas-du-Calais. "Nous analysons l'euro comme un échec total, nous ne sommes pas les seuls, et nous pensons que l'euro ne survivra pas", veut-elle rappeler. "Il est condamné à terme, la question est : qu'est-ce que nous faisons, nous, dans l'attente de cette mort programmée ?", conclut-elle.