"Si Gbagbo continue, il fera partie des dictateurs"

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"Si Gbagbo continue, il fera partie des dictateurs"
@ Europe 1
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Invité sur Europe 1, Laurent Fabius est longuement revenu sur la situation en Côte d’Ivoire.

"Je suis extrêmement inquiet sur la situation en Côte d’Ivoire". Invité du Grand Rendez-Vous Europe 1/Le Parisien/Aujourd'hui en France, l’ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius s’est attardé sur le climat de "quasi-terreur" dans le pays, au centre des crispations internationales depuis l'élection présidentielle que se dispute le sortant Laurent Gbagbo et l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara.

Laurent Fabius a souhaité s’adresser directement et solennellement à Laurent Gabgbo. "S'il continue comme ça, il fera partie des dictateurs", alors qu'il a "passé une partie de sa vie" à la combattre (NDLR : la dictature), a t-il estimé.

"Ouattara, le seul président légitime"

L'ex-Premier ministre socialiste a également indiqué avoir eu le président Alassane Ouattara au téléphone samedi, qui lui a décrit des conditions " qui sont pratiquement des conditions de détention, c'est à dire que M. Gbagbo (son rival) a cherché à interrompre le ravitaillement en nourriture, le ravitaillement en médicaments. La terreur règne sur la ville, et évidemment il y a tout lieu d'être inquiet". Le député socialiste a appelé à "protéger Ouattara, qui est le seul président légitime", affirmant que sa position était aussi celle du Parti socialiste.

Laurent Gbagbo a exigé samedi le départ "immédiat" de Côte d'Ivoire des Casques bleus de l'Onuci et de la force militaire française Licorne, alors que la communauté internationale le somme de céder le pouvoir au plus vite à son rival Alassane Ouattara. Et Laurent Fabius d’insister sur l’importance des sanctions économiques : "Il faut taper au portefeuille, sur les ressources du pays".

DSK, "ça chemine"

Une nouvelle fois, Laurent Fabius a réaffirmé son soutien à Dominique Strauss-Kahn, président du Fonds monétaire international qui reste "un homme de gauche". Interrogé sur la question de savoir si son éventuelle candidature aux primaires socialistes pour 2012 n'allait pas pâtir du fait que son nom soit associé à la crise économique et ses conséquences, Laurent Fabius a balayé la critique, sur le ton de la plaisanterie : "Ce n’était pas DSK qui a créé la situation en Grèce ou en Irlande".

Prié de dire s'il en savait plus sur la déclaration de candidature de DSK, Laurent Fabius a indiqué, laissant toutes les interprétations ouvertes : "Nous avons des contacts réguliers et je dirais, et ne vous perdez pas en interprétations, que ça chemine". L'ex-Premier ministre n'a pas voulu dire officiellement sa préférence entre les "deux favoris" pour les primaires socialistes, "Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry", dotés de "qualités complémentaires". Il lui reste quelques mois pour choisir.

"Faire toute la lumière sur le Mediator"

Laurent Fabius, confronté par le passé à l’affaire du sang contaminé, a réagi sur Europe 1 au scandale du Mediator : "Il faut que toute la lumière soit faite car il est évidemment atroce de penser que des centaines de personnes, alors qu’elles auraient dû être guéries par un médicament ont pu être condamnés à mort". "Il faut être très prudent sur les noms cités" a ajouté l’ancien Premier ministre, en référence à Martine Aubry ou Bernard Kouchner, dont les noms sont cités dans la presse parmi les politiques qui auraient eu connaissance des dangers du Mediator.