Sarkozy, nouvel apôtre de la mesure du bien-être

  • A
  • A
Sarkozy, nouvel apôtre de la mesure du bien-être
Partagez sur :

Le chef de l’Etat s’est dit prêt à se battre pour un nouveau système statistique lors de la remise lundi du rapport Stiglitz.

"Il est temps que notre système statistique mette davantage l'accent sur la mesure du bien-être de la population que sur celle de la production économique". C’est l’idée majeure défendue par la Commission Stiglitz dans les recommandations remises lundi matin à Nicolas Sarkozy. Présidé par le prix Nobel d'économie américain Joseph Stiglitz, ce panel de 22 experts a été mis en place début 2008 pour mener une réflexion sur la mesure de la croissance son rapport sur les nouveaux indicateurs de richesse.

"La France se battra pour que toutes les organisations internationales modifient leur système statistique", a assuré lundi Nicolas Sarkozy en recevant les recommandations de la commission Stiglitz. Il "y aura un avant et un après cette commission", a-t-il ajouté. Il a demandé en outre à l'Insee d'entamer immédiatement des travaux pour modifier l'appareil statistique français.

Parmi les principales suggestions, la commission propose d'enrichir la mesure de la croissance économique, actuellement chiffrée par le produit intérieur brut (PIB), en y intégrant par exemple des activités "non-marchandes", comme les travaux domestiques ou le bénévolat. "Le produit intérieur brut n'est pas faux en soi, mais peut être faussement utilisé", écrit la Commission, faisant écho à un débat ancien sur la pertinence de cet indicateur, né dans le milieu des années 1930 Outre-Atlantique et qui s'est généralisé après-guerre.

Le PIB se voit adresser deux principaux reproches. D'une part, il n'intègre que les activités marchandes qui donnent lieu à rémunération. Et d’autre part, il ne prend en compte que la valeur économique créée par une activité sans évaluer la perte qu'elle peut occasionner, notamment sur l'environnement.

"Les chiffres du PIB nous mentent. (...) C'est un indicateur purement économique qui ne prend pas en compte l'homme", déclarait vendredi la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno. Avec la crise, "l'idée qu'il faut se doter d'autres indicateurs est maintenant bien ancrée" alors qu'elle était jusque-là considérée comme une "douce utopie", assurait elle.

Des nouveaux indicateurs qui "contredisent" la politique de Nicolas Sarkozy, affirme le PS. "Toute la politique" du chef de l'Etat "va à l'encontre de la logique liée à la mise en place des indicateurs de bien-être" et "il est particulièrement choquant de l'entendre proposer de mettre fin à +la religion du chiffre+, alors que c'est lui, notamment pour la politique de sécurité, qui impose cette +religion+ avec de nombreux effets pervers", souligne le parti socialiste.

L'edito économique : Et si on mesurait le bonheur ?