Béziers : Ménard veut renommer une rue et crée la polémique

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Béziers : Ménard veut renommer une rue et crée la polémique
@ MaxPPP
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NOUVEAU DÉRAPAGE ? - Le maire de Béziers Robert Ménard va rebaptiser la rue du "19 mars 1962" en rue du "Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc". 

Après avoir interdit aux habitants de sa commune d'étendre le linge aux balcons, instauré un couvre-feu pour les mineurs, interdit les crachats dans la rue, revoilà Robert Ménard. Le maire de Béziers soutenu par le FN, va rebaptiser la rue du "19 mars 1962", date des accords d'Evian, en rue du "Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc", un militaire ayant participé au putsch des généraux.

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"Un choix héroïque" pour Ménard. Le changement de nom de cette rue proche du quartier de la Devèze, celui où Robert Ménard, né à Oran, s'était installé avec ses parents à son arrivée à Béziers, sera présenté lors du prochain conseil municipal, le 11 décembre. "Ce choix est un hommage au courage et à l’héroïsme, contrairement à la date du 19 mars 1962", affirme Robert Ménard dans les colonnes de Libération.  

Un scandale pour l'opposition. "Juridiquement, il a le droit de faire ça", explique Jean-Michel du Plaa, président du groupe PS au conseil municipal au journal Libération. "Mais il s’agit d’une faute politique et morale. Le rôle du maire n’est pas de dresser les uns contre les autres. Il ne faut pas réécrire l’histoire au profit de la frange la plus radicale des partisans de l’Algérie française". De leur côté, les responsables de la Fédération nationale des anciens combattant d’Algérie, Maroc, Tunisie (Fnaca) n'excluent pas de manifester si le projet passe. 

Qui est Denoix de Saint-Marc ? Né à Bordeaux en 1922 et mort à La Garde Adhémar (Drôme) en 2013, le commandant Hélie Denoix de Saint-Marc avait été résistant et déporté à Buchenwald. En avril 1961, il avait fait le choix de l'Algérie française et avait participé au putsch des généraux à la tête du 1er REP (Régiment étranger de parachutiste). L'opération échouera et lui se constituera prisonnier. Il sera condamné à dix ans de réclusion et effectuera cinq ans de prison avant d'être gracié par le général de Gaulle.Réhabilité en 1978, il publie en 1995 une autobiographie "Les champs de braises, mémoires" et devient un personnage public à travers des conférences. Il avait été élevé en novembre 2011 au rang de Grand Croix de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy.