Démission de Taubira : ce qu'en dit la classe politique

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Démission de Taubira : ce qu'en dit la classe politique
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REACTIONS - Soutiens appuyés, critiques ou petites blagues : le départ de la ministre de la Justice suscite des réactions contrastées et nombreuses.

Elle ne laisse personne insensible, et c’est une nouvelle fois le cas avec son départ du ministère de la Justice. La démission de Christiane Taubira, annoncée mercredi matin, a provoqué un flot de réactions, aussi nombreuses que contrastées. Europe 1 vous propose un florilège de réactions, entre soutiens appuyés, critiques acérées et petites blagues.

Ils la soutiennent. Sans surprise, les personnalités politiques proches de Christiane Taubira n’ont pas tardé à exprimé leur solidarité avec la ministre sortante. C’est notamment le cas de Cécile Duflot évoquant une "décision de courage", ou encore de Benoit Hamon, qui lui a exprimé toute son "affection".

Les députés frondeurs ont également fait bloc avec la désormais ex-ministre, qui leur avait apporté son soutien en 2014 lors de l’université d’été du PS à la Rochelle. Le député Laurent Baumel estime ainsi sur Twitter que Christian Taubira "choisit la fidélité à ses convictions plutôt qu’à des hommes. Hollande rétrécit encore la majorité de 2012". "Résister pour porter jusqu’au bout ses valeurs! Chapeau bas", renchérit la députée Anne-Lise Dufour. Tout comme Pascal Cherk, qui a déclaré : "nous avons besoin de son implication forte pour le redressement politique et moral de la gauche".

Figurent également dans cette catégorie : Anne Hidalgo, Viviane Reding, François Rebsamen, Aurélie Filippetti, David Assouline, Valérie Trierweiler, Hélène Conway-Mouret, etc.

Ils regrettent son départ. Les réactions de soutien ont parfois été accompagnées de regrets non dissimulés. Pour certains, cette démission est un gâchis et parachève le tournant libéral du gouvernement, à l’image de Delphine Batho, poussée à la démission en juillet 2013.

Le sénateur de la Nièvre Gaêtan Gorce n’a, lui aussi, pas caché sa déception : "si elle est cohérente, la démission de C.Taubira constitue un formidable gâchis politique et interroge sur la façon dont le pays est gouverné", a-t-il écrit sur Twitter. Le tweet de l’essayiste Raphael Glucksmann est tout aussi acerbe :

Ils sont à droite mais saluent une femme de convictions. Si la plupart des marques de solidarité est naturellement venue de la gauche, d’autres responsables politiques ont su dépasser les clivages politiques et ont rendu hommage à Christiane Taubira. Y compris lorsqu’ils n’étaient pas d’accord avec la politique menée par la ministre, à l’image de Franck Riester et de Virginie Calmels.

Ils se réjouissent de son départ. Personnalité clivante, Christiane Taubira n’a pas fait l’unanimité lors de son passage place Vendôme. Il n’est donc pas surprenant que son départ soit salué par une bonne partie de la droite et toute l’extrême-droite, et pour cause : à leurs yeux, la ministre était synonyme de laxisme. "Elle a fracassé la politique pénale de notre pays avec des messages tout à fait laxistes vis-à-vis des délinquants", a ainsi taclé le député LR Sébastien Huyghe sur Europe 1. Les réactions des élus LR sur Twitter sont dans la même tonalité :



Sans surprise, l’extrême-droite se réjouit de cette démission, à l'image de Marine Le Pen qui y voit "une bonne nouvelle pour la France". "Enfin ! Une très bonne nouvelle pour la France", a réagi Florian Philippot. "Taubira s’en va, mais elle laisse ses dégâts !", a déclaré Gilbert Collard, rejoint par David Rachline qui y voit "une très bonne chose pour la France !". La palme de la concision revient à Marion Maréchal Le Pen :

Ils optent pour un discours de Normand. Certains se sont sentis obligés de réagir mais n’ont pas voulu choisir leur camp, ce qui donne des réactions très diplomates. C’est notamment le cas de Bruno Le Roux : le président du groupe PS à l’Assemblée exprime son "respect", son "amitié" et sa "confiance" à Christiane Taubira tout en apportant le "même soutien confiant" à son successeur.

D’autres ont tout simplement préféré ne pas s’exprimer sur Twitter, à l’image d’une bonne partie du gouvernement, chacun préférant évoquer son agenda ministériel. C’est notamment le cas de Ségolène Royal, Marisole Touraine, Jean-Yves Le Drian ou encore Bernard Cazeneuve. Le porte-parole du gouvernement, et ministre de l'Agriculture, a néanmoins occupé le terrain et relayé la parole présidentielle : 



Ils préfèrent en rigoler. D’autres ont pris le parti d’en rire. Il y a d’abord les trublions du Net, à l’image du collectif Humour de Droite, qui a rapidement fait la promotion des hashtag #JeSuisTaubira et #Taubira2017.

D’autres internautes, plus ou moins connus, ont également multiplié les blagues.



Mais la palme revient à celui qu’on n’attendait pas sur ce terrain : Jean-François Copé. Lancé en pleine opération communication pour son retour au premier plan, le député-maire a décidé de faire dans la dérision, là où sa famille politique semblait obnibulée par le mot laxisme :