Régionales : mais pourquoi les 6 et 13 décembre ?

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Régionales : mais pourquoi les 6 et 13 décembre ?
@ Fred Dufour/AFP
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QUERELLES D'AGENDA - Les élections régionales auront lieu mi-décembre, peu avant les fêtes et pendant la Conférence mondiale sur le climat.

C'est tranché : les élections régionales auront lieu les 6 et 13 décembre 2015, a-t-on appris mardi matin de source gouvernementale. Le premier tour aura lieu le dimanche 6 décembre et le second le dimanche 13 décembre, dans chaque région. A l'origine, le scrutin aurait dû avoir lieu en mars 2014. Mais la réforme territoriale, portant le nombre de régions à 13 contre 22 aujourd'hui, votée en novembre dernier, a entraîné un report de calendrier. Le gouvernement devait fixer une nouvelle date par décret, avant l'entrée en vigueur du redécoupage des régions, prévu pour janvier 2016. Mais ce nouvel agenda ne convainc pas tout le monde.

>> Pour rappel, la carte des nouvelles régions : 



En plein pendant la Cop21. Une partie du scrutin et de la campagne auront en effet lieu pendant la Cop21, la Conférence mondiale sur le climat, qui se tiendra à Paris entre le 30 novembre et le 11 décembre. Et selon les écologistes, la campagne risque de détourner les projecteurs de ce grand raout de l'environnement. "Cela risque d'interférer avec ce grand rendez-vous. C'est pile en même temps. Je pense qu'il y a eu une volonté de coïncider", estime Julien Bayou, Porte-parole d'Europe-Ecologies-Les Verts, contacté par Europe 1.

Selon l'écologiste, François Hollande a bon espoir d'obtenir un accord sur le climat à Paris, ce qui serait une bonne nouvelle pour la majorité en pleine campagne. Mais "l'enjeu est trop important pour rentrer dans les calculs", prévient Julien Bayou. "Notre crainte est que François Hollande se contente d'un accord artificiel. J'espère que toute l'activité du gouvernement sera tournée vers la réussite de la conférence", renchérit-il.

 

Juste avant les fêtes. Sur la toile, la date a également fait jaser pour sa proximité avec les fêtes de Noël. "Entre les préparatifs des fêtes et voter, on sait ce que feront les gens. Bien les gars!", raille ainsi sur Twitter @Jmalozon, doctorante en droit public. "A quelques jours de Noël, les Français vont apprécier cette décision", renchérit @OumourMichel, conseiller UMP à Besançon. "Quel calendrier de génie!", se moque encore Jean-Patrick Fillet, responsable FN de la section des Herbiers (Vendée). "C'est sûr que ça va faire baisser l'abstention", renchérit encore @LRonssin. "Du grand n'importe quoi", déplore aussi @DJorisse.



Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop, reconnaît que l'on sera "à la limite de la trêve des confiseurs". "Il va falloir faire une vraie bonne campagne. Ce sera le job des politiques de mobiliser l'opinion, de démontrer que c'est une élection importante", décrypte le sondeur. Selon lui, toutefois, il "n'y a pas de bonne ou de mauvaise date. La présidentielle de 1965 s'était déroulée entre le 5 et le 19 décembre. Et il n'y avait eu aucun problème de mobilisation!".

Une autre date était-elle possible ? Pour modifier cette date, il aurait fallu modifier la loi. La réforme territoriale, votée en novembre dernier, fixe en effet noir sur blanc l'obligation d'organiser le scrutin "en décembre 2015". Or, en décembre, à part les weekends du 6 et du 13, il n'y pas beaucoup de possibilité sauf à faire voter les Français en plein pendant les vacances. Mais pourquoi décembre ?

La majorité voulait laisser un délai d'un an entre le vote des nouvelles circonscriptions électorales, en novembre 2014 donc, et le scrutin, afin de respecter le code électoral sur les comptes de campagne. "En application de l’article L. 52-4 du code électoral, les obligations de tenue d’un compte de campagne et au plafonnement des dépenses de campagne sont applicables 'pendant l’année précédant le premier jour du mois de l’élection', justifiant que la délimitation des circonscriptions électorales soit fixée au moins un an avant la date du scrutin", écrit ainsi Carlos Da Silva, rapporteur PS de la réforme, dans son rapport rédigé en juillet dernier.

Mais s'il fallait respecter un délai d'un an, pourquoi ne pas reporter le scrutin après le mois de décembre ? Tout simplement car les nouvelles régions seront effectives dès le 1er janvier 2016, et qu'il leur fallait des élus. Le but affiché du gouvernement était d'aller le plus vite possible. En outre, commencer en début d'année permet aux régions de planifier leur budget plus facilement. Toutefois comme le résume Julien Bayou, également conseiller régional d'Île-de-France, "on n'était pas à une semaine près…"