Présidentielle : comment sont imprimés les bulletins de vote

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Présidentielle : comment sont imprimés les bulletins de vote
En 2002, pour le second tour, il avait fallu réimprimer en urgence des bulletins au nom de Jean-Marie Le Pen.@ JACQUES DEMARTHON / AFP
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Le premier tour de l'élection présidentielle nécessite 1.300 tonnes de papier pour pouvoir imprimer les bulletins de vote au nom des onze candidats.

L'ENQUÊTE DU 8H

L'échéance approche. À J-5 du premier tour de la présidentielle de nombreux Français ne savent toujours pas quel bulletin glisser dans l'urne. Plus d’un milliard de bulletins ont été imprimés pour cette élection, soit de quoi faire quatre fois le tour de la terre au niveau de l'équateur. 1.300 tonnes de papier recyclé ont été nécessaires pour l'occasion.

Un nombre égal de bulletins. La loi impose une égalité de traitement : tous les candidats doivent avoir exactement le même nombre de bulletins. Leur impression n’est plus, comme par le passé, un monopole de l'Imprimerie nationale. Chaque préfecture lance un appel d'offres et choisi son imprimeur, soit parce qu'il est plus près, ce qui diminue les délais d’acheminement, soit parce qu'il est moins cher. L’Imprimerie nationale, qui s’occupe également de fabriquer passeports et cartes grises, reste toutefois celle qui continue à imprimer le plus de bulletins.

On travaille sans filet
Grégoire Morault, imprimeur

Mais si vous votez dans la Drôme ou dans le Gers, par exemple, vos bulletins sont fabriqués par l'imprimerie de Compiègne. La responsabilité est de taille : pas de bulletin, pas d'élection. Impression, acheminement, mise sous enveloppe... les délais sont très courts. L'imprimerie de Compiègne a fabriqué 680 millions de bulletins en sept jours, selon son président Grégoire Morault. "Les délais font que l’on ne peut pas perdre de temps. Il peut y avoir des impondérable, parfois des machines vont moins vite parce que le papier passe plus ou moins bien. Mais si on perd une journée, c’est une catastrophe ! On travaille sans filet", explique-t-il au micro d’Europe 1.

"La police vient chez nous, voir l’ambiance, s’imprégner de qui on est, voir comment on travaille. Il y a un suivi au quotidien de notre production pour s’assurer qu’il n’y a pas de dérapage", ajoute-t-il. Le dérapage, ça pourrait être une grève au moment où l'on imprime les bulletins de l'élection présidentielle.

Pas d'anticipation possible. Les délais sont encore plus courts après le premier tour, car il est impossible de prendre de l'avance, d'abord parce que les bulletins peuvent jaunir, et puis parce que ça peut coûter très cher en cas d'erreur. En 2002, par exemple, Lionel Jospin était annoncé contre Jacques Chirac au second tour. Et finalement, c’est Jean-Marie Le Pen qui s’est qualifié à la place du socialiste. Il a donc fallu détruire les millions de bulletins imprimés à l'avance au nom de Lionel Jospin.