Premier secrétaire du PS : Dray "y pense sérieusement" et présente son programme

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Premier secrétaire du PS : Dray "y pense sérieusement" et présente son programme
Prendre la tête du PS lors du congrès d'avril ? "J'y pense, et même sérieusement", a déclaré le conseiller régional d’Île-de-France dimanche.@ Zakaria ABDELKAFI / AFP
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Alors que quatre candidats se sont d'ores et déjà déclarés pour la présidence du PS, Julien Dray "pense sérieusement" à se rajouter à la liste, a-t-il déclaré dimanche.

Le socialiste Julien Dray "prend son temps" mais "pense sérieusement" au poste de Premier secrétaire du PS, a-t-il déclaré dimanche, en présentant ses propositions pour la gouvernance et la refondation idéologique du parti.

Jusqu'au 27 janvier pour se déclarer. Prendre la tête du PS lors du congrès d'avril ? "J'y pense, et même sérieusement", a déclaré le conseiller régional d’Île-de-France sur BFMTV. "Je prends mon temps", a-t-il poursuivi, alors que la clôture des candidatures est le 27 janvier. "Ce qui compte (...) c'est de savoir si on est en capacité d'assumer pleinement le défi gigantesque qui est d'éviter la marginalisation ou la groupuscularisation du parti socialiste qui est à l'oeuvre en ce moment", a-t-il précisé. 

Pour une "co-présidence" du PS. En attendant sa décision, l'ancien député de l'Essonne a développé son programme. Sur la gouvernance, Julien Dray plaide pour une "co-présidence" du PS, "avec un homme et une femme", ce qui serait "l'antithèse du pouvoir jupitérien", a-t-il estimé. Le socialiste propose également que le congrès se tienne désormais annuellement et non plus tous les trois ans, "avec droit de censure des militantes et des militants".

"Remettre la formation au cœur de la vie militante". Julien Dray se dit aussi favorable à l'instauration d'une "conférence territoriale" hebdomadaire réunissant "le couple exécutif" et "un représentant de chaque région, en conférence" pour mettre en prise davantage la direction avec le terrain. Enfin, le socialiste veut "remettre la formation au cœur de la vie militante". "Les universités d'été, c'était devenu le festival de Cannes à La Rochelle, tout le monde venait pour se faire voir, pas pour travailler, pas pour apprendre, pas pour savoir", a-t-il ironisé.

"Le combat socialiste (...) ne disparaîtra pas". Sur le plan des idées, si "le parti socialiste tel qu'il a été est mort", "le combat socialiste, le combat pour l'égalité et la justice sociale, il ne disparaîtra pas", a-t-il affirmé. Dans un "monde numérisé", Julien Dray veut "mettre en place une taxe sur les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) spéciale qui permettra de constituer une dotation universelle de 50.000 euros, pour chacun d'entre nous à l'âge de 18 ans". Évoquant "un socialisme de la production", il appelle également à rompre avec "le modèle productiviste" et "mettre de l'ordre juste dans un monde injuste".

Pour un "vrai mouvement de gauche européen". Troisième axe, "la question européenne". "Je veux que l'on mette fin à ces états d'âme de la gauche avec l'Europe : nous sommes européens, point", a-t-il souligné, en plaidant pour la création d'un "vrai mouvement de gauche européen". Enfin, Julien Dray a évoqué "la question de l'ubérisation du travail" en appelant à "concevoir des droits individuels".

Quatre candidats déclarés. Quatre candidats se sont déclarés pour la présidence du PS : l'ancien ministre Stéphane Le Foll, le patron des députés PS Olivier Faure, le député du Val-de-Marne Luc Carvounas et le député européen Emmanuel Maurel. "C'est déjà le bazar. Il y a quatre candidats déclarés, ça bruisse de partout. C'est pour ça que j'hésite à me présenter, que je prends le temps de parler, de ne pas faire ces shows avec 3-4 copains pour montrer sa force (...) ou d'aligner les comités de soutien. Ça ne sert à rien", a estimé Julien Dray. "Le linge sale, ça se lave en famille", a-t-il encore prévenu, "inquiet de la tournure que les choses prennent". "J'ai l'impression que le jeu c'est de taper encore plus fort sur le socialiste avec lequel on est le moins d'accord. Soyons responsables, car les dissensions d'aujourd'hui ne doivent pas fabriquer les frondeurs de demain", a-t-il insisté.