Pourquoi l'interview de François Hollande a-t-elle été un flop ?

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DE LA COMM' - L'interview du chef de l'Etat jeudi à la télévision n'a pas fait plus que l'audience traditionnelle du journal de 20 heures.

INTERVIEW

L’interview jeudi de François Hollande sur TF1 et France 2 a rassemblé au total 9,8 millions de téléspectateurs sur les deux chaînes, à peu près l’audience habituelle du 20-Heures. Pourquoi l’intervention du chef de l’Etat, qui est plus est le jour du remaniement du gouvernement, n’a-t-elle pas suscité plus de curiosité ?

"Le temps d'une explication". Pour Arnaud Champremier-Trigano, directeur de l’agence de communication Mediascop, cette opération de communication était obligée. "Au lendemain d’une grande loi sur la réforme de la Constitution et d’un remaniement, c’était normal que le temps d’une explication arrive", appuie-t-il vendredi dans le Grand direct de l’actu, sur Europe 1. Mais cet épisode télévisé, s’il semblait obligé, n’a pas connu de grand succès car les téléspectateurs n’en attendaient rien. Ils ont vu dans les événements politiques des derniers jours "de la très petite politique" et n’avaient, d’avance, aucune confiance dans l’intervention qui allait suivre.

Un "sommet du vide". La lassitude des citoyens de la "politique politicienne", notamment avec la montée de l’abstention, est depuis longtemps sur toutes les lèvres. Mais pour Sylvain Fort, fondateur de l’agence de communication Steele et Holt, elle a atteint un palier supplémentaire jeudi. "J’ai vu hier soir un président de la République qui a basculé dans quelque chose qu’on n’avait pas vraiment vu jusque là", lance-t-il. "Au moment même où il transforme l’Elysée en QG de campagne, il nous dit 'Je ne pense pas à 2017'. Cette contradiction-là, les Français la perçoivent immédiatement... Donc ils zappent et ils vont voir Plus belle la vie."

Le communiquant estime que les hommes politiques sont, de manière générale, "arrivés aux limites de l’exercice" de communication, "au sommet du vide". Arnaud Champremier-Trigano compare les liens entre les politiciens et les Français à "une relation de couple", qui fluctue habituellement au gré de l’actualité. Il craint cependant que le discrédit de la parole présidentielle ne perdure, cette fois-ci, et conclut à "une absence complète de l’effet de communication".