Pour Mariton, Valls menace "la loi de 1905" et "le principe de laïcité"

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Le Premier ministre dit vouloir "bâtir un véritable pacte" avec l'islam, dans une tribune parue dans le Journal du dimanche. 

INTERVIEW

Manuel Valls en appelle à "bâtir un véritable pacte" avec l'islam, dans une tribune parue dans le Journal du dimanche. Mais pour le député (LR) Hervé Mariton, interrogé par Europe 1, "il y a dans la proposition du Premier ministre non pas une vision de l'islam de France mais plutôt une vision de l'adaptation de la laïcité. Et cette adaptation, je ne la souhaite pas". 

Ce que propose Manuel Valls. Le Premier ministre porte notamment un objectif ambitieux : que plus aucun imam ni aucun aumônier ne soit formé à l'étranger. Il tient même à ce que la France devienne "un pôle d'excellence européenne dans l'enseignement de la théologie musulmane". "L'Etat n'a pas à s'occuper de théologie. Mais il peut aider à la création d'institutions à la formation solide", poursuit le Premier ministre.

Une tâche difficile, car la loi de 1905 interdit aux pouvoirs publics de financer directement de telles formations. Faut-il pour autant mettre en place un concordat, comme le demande certains et comme c'est le cas en Alsace et en Moselle, où l'Etat reconnaît et organise les cultes catholique, luthérien, réformé et israélite, ce qui lui donne le droit d'investir des fonds publics ? Manuel Valls refuse dimanche "toute tentation néoconcordataire", qui "serait une insulte à la laïcité". Mais selon lui, il va tout de même falloir "revoir certaines règles pour tarir les financements extérieurs et accroître en compensation les possibilités de levées de fonds en France". "Tout devra être mis sur la table, avec les musulmans de France et leurs instances représentatives", précise-t-il.

Pour Mariton, on se dirige vers un "financement public". Pour Hervé Mariton, les arguments de Manuel Valls sont trop flous. "Sur la capacité de financement de l'Islam de France, je ne comprends pas bien ce que cela veut dire", explique-t-il à Europe 1. "L'interdiction des financements étrangers, je suis d'accord. Je le propose même depuis longtemps. Mais implicitement, dans la proposition du Premier ministre, je vois une mise en cause de la loi de 1905, du principe de laïcité", s'inquiète le député de la Drôme. Et de poursuivre : "autour de cette capacité de financement, il y a probablement une proposition de financement public (de l'islam). Et ça, c'est inacceptable".