Fin de vie : plus de 150 députés demandent une loi en 2018

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Fin de vie : plus de 150 députés demandent une loi en 2018
156 députés, dont 122 LREM, demandent une loi sur la fin de vie en 2018.@ GERARD JULIEN / AFP
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Alors que les états généraux de la bioéthique ont démarré en janvier, plus d'un quart des députés demandent à légiférer cette année sur la fin de vie.

Plus de 150 députés issus en grande partie de la majorité demandent à légiférer pour donner aux malades en fin de vie "la libre disposition de leur corps" et de leur destin, dans une tribune publiée mercredi dans le journal Le Monde. On retrouve notamment parmi les signataires Manuel Valls, Barbara Pompili, la présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet ou celui de la commission des Affaires sociales Jean-Louis Touraine.

"On ne peut pas condamner la compassion". L'aide à mourir s'obtient déjà dans les hôpitaux français auprès de médecins "courageux", notent ces 156 députés, citant des chiffres de l'Ined estimant à 2.000 à 4.000 le nombre de personnes en phase terminale choisissant leur mort chaque année. "Il n'est plus raisonnable d'attendre davantage, d'observer sans réagir les souffrances physiques et psychiques de nombre de ces Français, de compter les affaires judiciaires qui se multiplient mais n'aboutissent à rien, car on ne peut pas condamner la compassion et la solidarité".

Le choix de la personne "doit pouvoir être respecté". "Le choix de la personne doit pouvoir être respecté, quand il est libre, éclairé, soumis à nulle contrainte ou dépression, exprimé de façon réitérée, et que des médecins ont confirmé l'impasse thérapeutique", poursuivent-ils, réservant aux médecins la possibilité d'exercer leur "clause de conscience" et de refuser d'exercer dans ce cadre. "C'est pourquoi, nous, députés issus d'horizons différents, proposons de légiférer en ce sens au cours de l'année 2018", concluent-ils, alors que les états généraux de la bioéthique ont démarré en janvier.

Evolution de la loi Leonetti de 2005. La loi Leonetti de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie encadre le développement des soins palliatifs, définit l'idée d'une obstination déraisonnable lorsque les soins sont inutiles ou n'ont "d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie" sans légaliser l'euthanasie active. Trois pays proches de la France, la Belgique, les Pays-Bas, et le Luxembourg autorisent l'administration de médicaments mortels à des patients l'ayant demandé dans certains cas précis.