Plan climat : "Cela montre que l'on peut mener de front la transition énergétique et la réduction des inégalités"

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Anne Bringault, en charge de la coordination sur la transition énergétique au RAC (Réseau Action Climat), approuve les mesures du plan présenté par Nicolas Hulot. Elle incite cependant le gouvernement à aller plus loin.

INTERVIEW

Nicolas Hulot passe à l'action. Le ministre de la Transition écologique et solidaire a présenté lundi les quatre premières mesures de son plan climat : une prime à la casse nouvelle formule qui sera mise en place dès l'an prochain, un chèque énergie pour aider les plus modestes à payer les factures énergétiques et deux mesures, applicables en 2019, concernant les travaux d'isolation dans les logements.

Dans le détail, l'ancien crédit d'impôt pour la transition énergétique sera transformé en prime dès la fin des travaux et enfin une nouvelle prime sera versée en cas de changement d'une chaudière au fioul au profit d'une pompe à chaleur ou d'une chaudière à bois, énergies moins polluantes. Pour évaluer ces mesures, Anne Bringault du Réseau action climat, qui milite pour la transition écologique, était l'invitée d'Europe midi.

Des mesures "un peu timides". La spécialiste voit un double bénéfice à ces annonces : "cela montre que l'on peut mener de front la transition énergétique et la réduction des inégalités. Ce ne sont pas deux enjeux contradictoires bien au contraire et on peut accompagner les ménages les plus modestes." Seul bémol selon Anne Bringault, "les mesures restent un peu timides, puisque pour les ménages précaires, le chèque énergie reste d'un montant très faible (150 euros puis 200 euros en 2019, ndlr.) par rapport à leur facture. Et la rénovation des logements, c'est pour 2019, donc c'est encore un peu tard."

"Attention à ne pas vouloir faire du chiffre". La prime à la casse doit par ailleurs selon elle encore faire ses preuves, même si elle souligne que le fait de pouvoir "en bénéficier pour un véhicule d'occasion" est une avancée. "On ne ferme pas la porte aux ménages qui n'ont pas les moyens de s'acheter un véhicule neuf. C'est une bonne chose. Elle est élargie à tous les Français et pas seulement aux modestes, attention à ne pas vouloir faire du chiffre mais à bien apporter les fonds publics aux ménages qui en ont le plus besoin", avertit-elle néanmoins.

Ne pas penser qu'à la solution de la voiture électrique. La prime à la casse sera par ailleurs d'autant plus favorable pour l'achat de voitures électriques. Encore un point salutaire pour la spécialiste qui rappelle toutefois qu'"il ne faut pas oublier que la moitié des efforts à faire concerne le développement des transports collectifs et des pistes cyclables. On va aller vers des véhicules moins polluants mais on aura aussi des modes de mobilité différents qu'il faut accompagner. Il faut aussi réfléchir au télétravail et ne pas imaginer que l'on va remplacer 100% de nos voitures actuelles par le même nombre de voitures électriques", conclut-elle.