Patrick Kanner : "une centaine de quartiers en France présentent des similitudes potentielles avec Molenbeek"

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Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports est l'invité du Grand Rendez-vous de Jean-Pierre Elkabbach.

INTERVIEW -

Interrogé sur Molenbeek, fief des terroristes belges, Patrick Kanner, le ministre de la Ville, invité du Grand Rendez-vous d'Europe 1, a reconnu l'existence en France d'une centaine de quartiers "présentant des similitudes potentielles avec Molenbeek".

"Nous prenons le taureau par les cornes". Une semaine après l'arrestation de Salah Abdeslam à Molenbeek, le ministre de la Ville Patrick Kanner a déclaré que plusieurs quartiers en France présentaient des similitudes avec cette commune belge de l'agglomération bruxelloise. "Il y a aujourd'hui une centaine de quartiers en France qui présentent des similitudes potentielles avec Molenbeek", a-t-il dit. "Mais il y a une différence énorme : nous prenons le taureau par les cornes dans ces quartiers". 

"Un système où les services publics ont disparu". Invité à détailler ses propos, Patrick Kanner a expliqué selon lui les points de similitude entre Molenbeek et la centaine de quartiers français qu'il a évoqués. "Molenbeek, c'est une concentration énorme de pauvreté et de chômage, un système ultra communautariste. C'est un système mafieux, avec une économie souterraine. C'est un système où les services publics ont quasiment disparu, c'est un système où les élus ont baissé les bras", a-t-il notamment égrené. 

"La République n'a pas été à la hauteur". Le ministre a ensuite expliqué qu'il effectuait dans ces quartiers un travail de détection des associations suspectes par exemple ."Nous avons une cellule de veille pour vérifier qu'il n'y a pas d'associations faisant l'objet de démarches salafistes. Et il y en a. Elles sont dans les quartiers prioritaires de la ville, essentiellement", dévoile-t-il. Pour lui, les maux sont anciens : "quand un Premier ministre évoque la notion d'apartheid territorial, social, ethnique, il reconnait que la République n'a pas été à la hauteur de sa responsabilité dans ces quartiers".

"Il faut éviter les concentrations de mêmes populations sur un même territoire", observe-t-il, appelant à poursuivre la politique de meilleure répartition dans les villes des logements sociaux.