"On nous impose les gens de couleurs"

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"On nous impose les gens de couleurs"
Europe1 a suivi une journée de campagne d'un candidat FN aux municipales.@ Reuters
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REPORTAGE - Europe1 a suivi une journée de campagne de Bernard Baisson, candidat FN aux municipales près d'Avignon.

L'actu. Depuis le début du mois, le FN subit une vague d'émigration. En l'espace de quelques semaines, trois militants, investis à de bonnes places pour les municipales de mars prochain, ont décidé de claquer la porte du parti de Marine Le Pen. A chaque fois ils dénonçaient des attitudes ou des propos extrémistes. À raison ? Europe1 a suivi une journée de campagne d'un candidat aux municipales. Bernard Baisson se présente comme tête de liste FN aux Angles près d'Avignon. Ses thèmes de prédilection : l'insécurité, l'immigration… et un "humour" bien particulier.

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Un thème de prédilection. Lorsqu'il fait la tournée des commerces, Bernard Baisson apporte sa gouaille, ses tracts et ses deux obsessions : la future statue que le maire actuel veut faire construire sur un rond point, et l'immigration. Il passe la porte d'un armurier, et parle d'emblée insécurité, qu'il lie à la présence d'un terrain pour les gens du voyage non loin de là. Le candidat FN commence sans pincette: "vous aussi, vous avez peur" ? "Il y a toujours la crainte. Il y a des risques", reconnait l'armurier.

Bernard Baisson, 2e en partant de la droite

© Vaucluse Matin

Une arme : l'humour. "Le Rom, lui, ne travaille pas. Il ne veut pas travailler et de toute façon, il ne veut que voler, depuis toujours", analyse Bernard Baisson. Et de poursuivre : "les gens du voyage, il y en a un qui vole, un autre en prison, et dix qui ont une jolie Mercedes pour amener la caravane". Des rires gras ponctuent la discussion. Bernard Baisson l'assure : il ne s'agit là que "d'humour". Le racisme, c'est autre chose. Le candidat est d'ailleurs tout en paradoxe : selon lui, comparer la ministre à un singe est "indigne".

Un (certain) public déjà conquis. Son "indignation" ne l'empêche toutefois pas d'éructer contre certains visages à la télé. "On ne peut pas faire un reportage sans voir trois gens de couleurs, deux asiatiques et quatre maghrébins de deuxième et troisième génération. On vous les impose comme si c'était une normalité", déplore-t-il. Un discours tenu au comptoir d'un bar, où les angoisses s'empilent autant que les cafés. Bernard Baisson sait que la salle lui est acquise. Salle qui s'était vidée de moitié lorsqu'une serveuse d'origine maghrébine a été embauchée. Puis qui s'est de nouveau remplie, lorsqu'elle a été licenciée.

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