Myriam El Khomri : "Le gouvernement n’a cessé de faire des mouvements"

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La ministre du Travail a défendu, jeudi sur Europe 1, les compromis concédés par le gouvernement face à la contestation du projet de loi Travail.

INTERVIEW

"Depuis le 17 ,le gouvernement n’a cessé de faire des mouvements. Ces mouvements  ne sont pas des reculs", a affirmé au micro d’Europe 1 Myriam El Khomri, ministre du Travail, au lendemain d’une réunion à Matignon entre les opposants au projet et l’exécutif.

CGT et FO toujours opposés au projet. Le discours de fermeté du gouvernement serait-il en train de fléchir ? La ministre du Travail a proposé mercredi, après cette rencontre avec les partenaires sociaux, de revoir par amendements la hiérarchie entre accords de branche et accords d’entreprise, point de focalisation de la contestation. Des efforts insuffisants ont estimé la CGT et FO. L’article 2 du projet de réforme du droit du Travail prévoit de donner la prééminence aux accords d’entreprise sur les accords de branche, ce que les syndicats contestataires interprètent comme la fin du code du Travail unique.

Un problème de fond. "Il y a des craintes sur la question de l’effacement des branches et du dumping social, et nous y avons répondu par amendements", explique Myriam El Khomri. "On a répondu à un problème de fond, ce que nous avons fait, c’est réaffirmer le rôle de la branche sans toucher à notre cohérence".

Un débat houleux en perspective. Le projet de réforme du Travail revient devant l’Assemblée nationale le 5 juillet, après une adoption en première lecture via l’utilisation du 49.3. "Je suis dans un état d’esprit positif, et j’espère qu’il sera partagé", a déclaré la ministre a propos d'un débat parlementaire qui s'annonce animé, les députés frondeurs s'opposant également à l'article 2. "Il y a eu des prises de parole de députés socialistes, dit 'frondeurs', qui se sont opposés à certaines parties du texte. Il sont minoritaires dans le groupe, et ils veulent que la majorité se plie à leur position minoritaire...", s’indigne la responsable. "J’ai entendu un jour Philippe Martinez dire : 'ce sont les salariés qui savent ce qui est bon pour eux'. C’est exactement la philosophie qui est portée dans l’article 2 !", conclut-elle.