Muriel Pénicaud trouve les propos de Jean-Luc Mélenchon "indignes et honteux"

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Le leader de La France Insoumise avait jugé samedi que la rue avait "abattu les nazis". Le parallèle entre nazis et gouvernement Macron a "indigné" la ministre du Travail.

INTERVIEW

Elle n'a pas digéré la comparaison. Muriel Pénicaud, ministre du Travail, est revenue dimanche, dans Le Grand rendez-vous d'Europe 1 avec CNews et Les Échos, sur les propos tenus la veille par Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier avait déclaré que c'est "la rue qui a abattu les rois, les nazis, le CPE". "J'ai été choquée, indignée qu'on puisse mettre sur le même plan des nazis et des démocrates, des républicains", a déclaré Muriel Pénicaud.

"Collectivement insultés". "Pour beaucoup de Français qui savent notre histoire, ces propos sont indignes et honteux", a-t-elle poursuivi. "Comme tous les Français, on est collectivement insultés par ce manque de respect de notre histoire. Quand on est député, représentant de la nation, les propos ont un poids." La ministre s'est dit persuadée que de tels propos ne trouveraient pas d'échos au sein de la population. "Les Français, on ne les berne pas avec trois slogans", a-t-elle estimé.

La réponse de Mélenchon. Sur son blog, dimanche, Jean-Luc Mélenchon a directement répondu à ceux qui trouvaient sa comparaison douteuse. En affirmant n'avoir jamais voulu tracer de parallèle entre nazis et gouvernement. "J’ai répliqué au président qui affirmait 'la démocratie, ce n’est pas la rue', en lui demandant d’apprendre son histoire de France", écrit le leader de la France Insoumise. "Il y aurait vu que la démocratie vint par la rue quand celle-ci abattit les rois, chassa les nazis, créa le droit à la section syndicale, la quatrième semaine de congés payés en 1968."

"Le devoir de répondre aux électeurs". Muriel Pénicaud n'a pas remis en cause la légitimité des manifestations. "Le droit de manifester est plein et entier", a-t-elle rappelé. "Mais on a aussi le devoir de répondre aux électeurs" et d'appliquer le programme promis lors de la campagne, a-t-elle expliqué. Avant de défendre ses ordonnances de réforme du code du travail. "Elles vont permettre aux entreprises de s'adapter plus vite mais en discutant les contreparties et les modalités avec les représentants syndicaux et le personnel. Tout se fait par négociation pour l'entreprise. Le fait de pouvoir discuter de tous les sujets va permettre une dynamique."