Martinez (CGT) dénonce des violences policières "organisées au plus haut niveau"

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POLÉMIQUE - Après la polémique suscité par une affiche de la CGT, le leader du syndicat dénonce les "ordres" donnés aux CRS pour "encadrer brutalement" les manifestations.

INTERVIEW

Philippe Martinez reconnaît bien volontiers que "le message peut paraître un peu brutal". Mais pas question pour le secrétaire général de la CGT de critiquer l'affiche, diffusée par une organisation de son syndicat, qui dénonce les violences policières et qui s'est attirée les foudres des forces de l'ordre. "Les policiers, on leur donne des ordres", a expliqué Philippe Martinez mercredi sur Europe 1. "Ces ordres font qu'ils frappent les casseurs mais aussi, dans les bousculades, beaucoup de jeunes et moins jeunes, comme moi."

"Organisés au plus haut niveau". Pour le leader syndical, "les affrontements entre (les casseurs et les CRS) donnent des débordements" qui, "à (s)on avis", sont "organisés au plus haut niveau". "Il y a des ordres au plus haut niveau pour que les manifestations soient encadrées brutalement", a t-il répété, sans pour autant préciser si ce "plus haut niveau" désignait bien le gouvernement. "Je l'ai moi-même vécu physiquement." Philippe Martinez a par ailleurs rappelé que l'affiche incriminée n'était "pas une affiche de la confédération générale du travail" et, à ce titre, n'était pas diffusée sur le site de la CGT.

Les syndicats de police exaspérés. De fait, c'est le syndicat Info'com de la CGT (salariés de l'information et de la communication) qui en est à l'origine. Publiée samedi sur Internet, cette affiche montre le logo des CRS et une matraque sur une flaque de sang, avec ce slogan : "La police doit protéger les citoyens et non les frapper".

De quoi susciter un tollé chez les syndicats d'officiers de police. Le SCSI-CFDT (majoritaire) a dénoncé une "affiche de la honte" faisant "injure aux milliers de policiers et gendarmes blessés ou tués dans l'exercice de leur fonction". Quant à Synergie (second syndicat), il a évoqué un "appel abject à la haine" et à la "violence" contre les forces de l'ordre. Avant de demander au ministère de l'Intérieur de porter plainte.

La CGT réclame plus de moyens pour la police. Bernard Cazeneuve s'est emparé de la polémique dès lundi soir, dénonçant la "violence" d'une campagne "choquante" dans une lettre ouverte à Philippe Martinez. La réponse du leader syndical n'a pas tardé à venir. Dans une nouvelle lettre mardi, le secrétaire général de la CGT a rappelé que son organisation ne cessait de "demander des embauches et des moyens supplémentaires" pour les policiers. Et qu'elle ne remettait "en aucun cas" en question "le rôle essentiel d'encadrement et de maintien de l'ordre des salariés des professions concernées". 

Découvrez le texte de la lettre envoyée par Philippe Martinez à Bernard Cazeneuve :

Martinez police