Macron, l’ISF qui fait tâche

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Macron, l’ISF qui fait tâche
@ SEBASTIEN BOZON / AFP
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Le ministre de l’Economie et son épouse, qui auraient sous-évalué leur patrimoine, sont assujettis à cet impôt et vont devoir acquitter des pénalités de retard.

Voilà qui ne devrait pas arranger l’image d’Emmanuel Macron. Le ministre de l’Economie devra payer, avec des pénalités de retard, l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Selon Mediapart, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée et son épouse sont accusés par le fisc d’avoir sous-évalué leur patrimoine. La réévaluation vaut au couple de dépasser le fameux seuil de 1,3 million d’euros d’actif net taxables. Les voilà donc assujettis à l’ISF.

Une propriété réévaluée de 200.000 euros. C’est en fait la demeure de madame Macron, située au Touquet, qui aurait attiré l’attention de l’administration fiscale après la déclaration de patrimoine rendue par Emmanuel Macron après son entrée au gouvernement en 2014, lois "post-Cahuzac" obligent. Selon Le Canard Enchaîné de mercredi, la propriété aurait au final été réévaluée de 200.000 euros. Pour autant, le ministre de l’Economie a semble-t-il collaboré avec le fisc pendant toute la durée de l’enquête. Et il a fini par admettre son erreur, déposant des déclarations rectificatives pour les années 2013 et 2014.

Préjudiciable pour l’image. Côté finance, les conséquences de ces corrections fiscales ne devraient pas être trop lourdes pour celui qui a déclaré avoir gagné 2,4 millions d’euros entre 2011 et mai 2012 lors de son passage à la banque Rotschild. Mediapart évoque en effet un rattrapage inférieur à 10.000 euros.

Plus préjudiciable pourraient être les conséquences sur l’image du ministre. Son récent accrochage avec deux grévistes (marqué par la phrase "La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler") lui a valu une nouvelle fois d’être taxé de mépris de classe par ses détracteurs, de plus en plus nombreux. Cette fois, pour beaucoup, il aura essayé d’échapper à l’ISF, un impôt qu’il a critiqué en avril dernier dans la revue Risques. A l’heure où son mouvement, "En marche" semble s’essouffler, l’affaire tombe décidément bien mal pour Emmanuel Macron.