Loi Macron : pourquoi la motion de censure a peu de chances de passer

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Loi Macron : pourquoi la motion de censure a peu de chances de passer
@ AFP
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RIPOSTE - Le texte des élus de l'opposition sera soumis jeudi soir à l'Assemblée nationale.

L'INFO. Manuel Valls récuse l'idée que l'utilisation de l'article 49.3 de la Constitution est un échec, mais il assume un acte d'autorité pour faire adopter la loi Macron. L'engagement de la responsabilité du gouvernement sur cette réforme contestée par les frondeurs, se traduira jeudi par un débat sur la motion de censure déposée par l'UMP.

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La motion de censure, contrepartie du 49-3. Pour les députés de l'opposition, "ce gouvernement n’a plus de majorité" et l'exécutif a opéré un "passage en force" sur la loi Macron, "au mépris des deux cents heures de débat qui se sont écoulées depuis le début de l'examen de ce texte". Comme leur permet la Constitution, ils ont donc contre-attaqué. La motion de censure, c'est un peu la contrepartie du 49-3, son pendant pour l'opposition. Quand un gouvernement impose une loi sans le consentement de l'Assemblée nationale, il engage alors sa responsabilité, donc les députés sont en droit de demander des comptes.

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La gauche ne craquera pas. Ce qui n'empêche pas Manuel Valls d'être complètement serein. On peut en effet être député socialiste frondeur et être opposé au travail du dimanche, par exemple. Mais renverser le gouvernement, c'est autre chose. Aucun socialiste ne se lancera dans une telle aventure. Les Verts et les radicaux ont, eux, d'ores et déjà annoncé qu'il était hors de question de censurer le gouvernement.

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Souviens-toi de Pompidou… Reste donc la droite, le centre, les communistes et les sept députés non inscrits dans un groupe, dont les deux députés de l'extrême droite. Un calcul simple et rapide permet à l'exécutif de dormir sur ses deux oreilles : cela fait 250 voix en faveur de la motion de censure, alors que la majorité est à 289. Une marge confortable pour Manuel Valls, qui ne devrait donc pas revivre ce qu'a vécu Georges Pompidou. En 1962, ce dernier avait été renversé par l'Assemblée nationale alors qu'il défendait la réforme de l'élection du président de la République au suffrage universel. C'est la seule fois de l'histoire de la Ve République qu'un Premier ministre a été renversé par une motion de censure.

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