Hémorragie des adhésions au Parti socialiste

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Hémorragie des adhésions au Parti socialiste
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FUITE DES CERVEAUX - Le parti ne compte que 100.000 adhérents, très loin de l'objectif des 500.000 en 2017 fixé par son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis.

ENQUÊTE EUROPE 1

Le nombre de militants au Parti socialiste ? "Encore une courbe que l'on n'est pas prêts d'inverser", souffle un élu socialiste dépité. La formation politique fait face à une véritable hémorragie des adhésions depuis le début du quinquennat de François Hollande. En 2014 pourtant, le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, s'était fixé l'ambitieux objectif de multiplier leur nombre par trois pour atteindre les 500.000 militants en 2017.

Entre 60.000 et 80.000 cartes. A un an de l'échéance, l'objectif semble plus lointain que jamais. Le leader du PS lui-même vient de concéder que le parti ne totalisait que 100.000 adhérents. Un pointage plutôt optimiste puisque selon nos informations, la réalité serait plus proche des 80.000. Certains dirigeants, encore plus alarmistes, évoquent même seulement 60.000 cartes PS. La formation est désormais talonnée par le FN, qui tourne autour de 50.000 adhérents, et largement distancée par Les Républicains, qui en revendique plus de 238.000.

La fédération du Nord divisée par deux. Les fédérations accusent des baisses de 10 à 20% de leurs adhésions depuis 2012. Et même les plus importantes sont touchées. Ainsi de celle du Nord, au sein de laquelle il reste environ 5.500 encartés, soit moitié moins que ces dix dernières années. Conséquence directe de cette fuite des militants : les finances de la fédération sont au plus mal. Pour éviter la faillite, un appel aux dons doit même être lancé prochainement.

Des sections moribondes. La situation n'est pas brillante non plus à Marseille, où les fidèles socialistes ne sont plus que 850, contre 2.000 auparavant. A Paris, leur nombre a chuté de 8.500 à 7.800. En Isère, de 2.400 à 2.000. Partout, les responsables PS racontent ces réunions moribondes, ces sections où il ne reste plus que deux ou trois militants, et qui sont obligé de fusionner. Et avec la loi El Khomri, qui a profondément divisé la gauche ces dernières semaines, le parti s'attend à de nouvelles défections.

Cette hémorragie risque de se payer en 2017. "Une campagne présidentielle, ça ne se fait pas seulement sur Internet", rappelle un député. "Il faut quadriller le terrain dans chaque circonscription, et pour ça il faut des troupes suffisantes..."