Lévothyrox, PMA, tabac : les mises au point de la ministre de la Santé Agnès Buzyn

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Invitée de la matinale d'Europe 1, mercredi, la ministre de la Santé a évoqué la question de la fin de vie, celle de l'élargissement de la PMA à toutes les femmes. Elle a aussi détaillé le calendrier de la hausse du prix du tabac.

INTERVIEW

Plusieurs dossiers chauds sont sur la table d'Agnès Buzyn. La ministre de la Santé, invitée de Patrick Cohen à 8h15 dans Europe Matin, mercredi, a entre autres, précisé la position du gouvernement sur la prévention contre le tabac, sur l'élargissement de la PMA à toutes les femmes ou sur le Lévothyrox. Morceaux choisis d'une interview en forme de mise au point.

Euthanasie et le "choix personnel" d'Anne Bert

Atteinte de la maladie de Charcot, Anne Bert a décidé de mettre fin à ses jours en Belgique. Pour la ministre de la Santé, il n'est "aujourd'hui pas du tout dans l'esprit du gouvernement d'ouvrir ce débat" sur l'euthanasie. "La loi Claeys-Leonetti de janvier 2016 permet aux personnes de faire part de leur directive anticipée sur un site Internet", s'est justifiée la ministre, avant d'évoquer le cas plus précis d'Anne Bert. "Elle décide d'abréger sa vie plus tôt que la période à laquelle elle va être réellement proche de sa mort. C'est un choix personnel. Cela correspond en réalité à assez peu de demandes", a-t-elle indiqué.

Élargissement de la PMA : "Respectons le calendrier"

Pour éviter la cacophonie gouvernementale, Agnès Buzyn veut "qu'on respecte un calendrier prévu par la loi" sur l'élargissement de la PMA à toutes les femmes. Il y aura des "Etats généraux de la bioéthique, animés par le Conseil national de l'éthique, qui auront lieu en 2018. En revanche, la ministre affirme qu'il n'y a pas de calendrier pour un éventuel projet de loi.

Tabac : "une hausse en trois ans qui était mon souhait"

Il y a désormais un calendrier sur la hausse du prix du paquet de cigarettes. "Nous allons dès la fin de l’année harmoniser le prix des paquets de tabac, et notamment les plus faibles en augmentant en moyenne de 35 centimes d’ici la fin de l’année pour arriver à 7,10 euros. Puis il y aura une hausse d’un euro en mars prochain, et ensuite des hausses de 50 centimes d’euro en avril et en novembre 2019 et de 50 centimes d’euro en avril 2020 et 40 centimes en novembre 2020. C’est une hausse en trois ans, ce qui était mon souhait. Ça permet aux gens de se préparer et de trouver les moyens d’arrêter de fumer. C’est un calendrier qui permet à chacun de se mettre dans la perspective de l’arrêt", a détaillé la ministre.

Minimum vieillesse : une revalorisation "importante"

Un minimum vieillesse revalorisé de 30 euros en 2018. L'exécutif prévoit dans le budget 2018 une hausse du minimum vieillesse qui devrait toucher 433.000 personnes. "Il est important de revaloriser le minimum vieillesse, nous avons maintenant des retraités qui vivent avec de toutes petites retraites et qui sont en très grande difficulté", souligne Agnès Buzyn, rappelant que la moyenne actuelle est de 803 euros par mois pour une personne seule. "Le président de la République s'était engagé pour une revalorisation d'une centaine d'euros sur l'ensemble du quinquennat".

Entendu sur Europe 1
"L'augmentation sera réelle aussi pour les couples"

"J'annonce la revalorisation du minimum vieillesse dès le mois d'avril 2018 de 30 euros. Puis il y aura 35 euros en 2019 et 35 euros en 2020. Cette hausse débutera donc dès le budget 2018", a déclaré mercredi la ministre de la Santé au micro d'Europe 1. "L'augmentation sera réelle aussi pour les couples. Aujourd'hui ils touchent autour de 1.240 euros par mois, ils auront à la fin du quinquennat, avec l'augmentation prévue, plus de 155 euros de revalorisation", fait encore valoir la responsable gouvernementale.

Lévothyrox : "On a nié le ressenti des malades"

Une nouvelle polémique a enflé sur le Levothyrox, médicament contre l'hypo-thyroïdie dont la nouvelle formule provoque des effets secondaires. "C’est une histoire très ancienne, puisque la demande de l’agence du médicament de transformer la formule date d’il y a plus d’un an, le laboratoire Merck a donc changé sa formule et a mis en vente cette nouvelle formule en début d’année. J’ai vu arriver un certain nombre de remontées de terrain d’effets secondaires qui ont été interprétés par le corps médical essentiellement comme des effets secondaires liés à des déséquilibres hormonaux mais je pense que les gens n’avaient pas été prévenus. Il y a vraiment eu un défaut d’information pour les malades, et je comprends leur désarroi", explique la ministre.

Entendu sur Europe 1
"Les médecins et les pharmaciens n'ont pas été les bons relais"

"Je lance une mission d’information sur l’information des malades, j’annoncerai exactement la composition de cette mission dans les semaines qui viennent. Je pense que ça ne peut pas être uniquement une information descendante, très institutionnelle. Elle n’a pas fonctionné. Les médecins et les pharmaciens n’ont pas été forcément aussi très informés, n’ont pas été les bons relais. On a nié le ressenti des malades, et c’est ça qui créé aujourd’hui cette colère que l’on ressent chez les patients", a-t-elle expliqué. Elle s'est également engagée à ce que l'ancienne formule soit disponible avant la fin du mois. 

Vaccins obligatoires : "Ce sont ceux du calendrier vaccinal"

Un calendrier vaccinal déjà utilisé par "80% des jeunes Français". Elle veut rendre onze vaccins obligatoires dès janvier 2018. La ministre de la Santé est revenue mercredi sur cette mesure, se voulant rassurante : "Les onze vaccins, ce sont ceux du calendrier vaccinal des enfants aujourd'hui. Ce sont ceux que reçoivent déjà les enfants dont les parents souhaitent qu'ils soient vaccinés, c'est-à-dire 80% des enfants français". Agnès Buzyn l'assure, sa mesure ne perturbera pas les usages déjà en cours : "Ce que je rends obligatoire, c'est un calendrier vaccinal qui existe déjà, et qui est déjà utilisé par 80% des enfants français".