Les Verts déchirés entre "pro" et "anti" gouvernement

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Les Verts déchirés entre "pro" et "anti" gouvernement
@ Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili et François de Rugy. ALAIN JOCARD/AFP
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EXCLU - Dans une note interne qu'Europe 1 a pu consulter en exclusivité, Europe Ecologie-Les Verts dresse les grandes lignes de sa politique. Et tacle le gouvernement. 

"Aller de l'avant !" C'est le titre du document interne de six pages dans lequel l'état-major d'Europe Ecologie-Les Verts dresse les grandes lignes de la politique que le parti veut voir engagée pour la France. Mais pas avec le gouvernement actuel. Dans ce document interne qu'Europe 1 a pu consulter en exclusivité, le parti écologiste n'est pas tendre avec François Hollande et le gouvernement, qui "ne prend pas la mesure de l'urgence sociale" et "ignore aussi l'urgence environnementale".

Pas question de retourner au gouvernement... Dans ces conditions, difficile, donc, d'imaginer un retour aux responsabilités. "Les écologistes ont fait depuis longtemps le choix de participer à des exécutifs, conscients qu'on ne pouvait se contenter d'attendre que le monde change de lui-même", est-il écrit. Mais ça suffit. "Nous devons arrêter de nourrir le débat politicien d'un possible retour au gouvernement qui donne l'impression d'un parti divisé et uniquement intéressé par les postes. C'est lorsqu'elle est rassemblée et fière de ses idées que l'écologie gagne. Notre devoir est de faire cesser les fausses querelles et d'arrêter de poursuivre des chimères au sein d'un gouvernement qui néglige l'urgence environnementale et alimente le malaise social. Sans réorientation structurante de la politique gouvernementale, toute participation au gouvernement serait vaine".

Vous pouvez consulter le document ici : 

... Enfin, pas pour tout le monde. Une ligne qui pourrait être claire et lisible, si elle n'était pas contestée au sein-même d'EELV par un grand nombre de ses membres, dont plusieurs caciques comme Jean-Vincent Placé, François de Rugy ou Denis Baupin. Interviewé sur Europe 1, ce dernier participe samedi après-midi, comme 250 autres "écolos", à une réunion à l'Assemblée nationale qui rassemble les partisans d'un retour d'EELV au gouvernement. Entre "pro" et "anti" exécutif, le torchon brûle. Au risque de brouiller l'identité politique du parti, un écueil que tente d'éviter Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale. 

Jean-Vincent Placé, lui, s'est déclaré ouvert à toute proposition pour entrer au gouvernement, dans un entretien publié sur Libération.fr et repris par l'AFP. Le sénateur écologiste estime en effet que "ceux qui souhaitent participer au gouvernement sont majoritaires parmi les parlementaires. Si les dirigeants d'EELV décident l'inverse de ce que souhaitent nos électeurs et leurs élus, c'est de leur responsabilité. Nous prendrons les nôtres", ajoute Jean-Vincent Placé. Alors qu'on lui demande s'il "pourrait passer outre une décision du parti", Jean-Vincent Placé juge que "face aux enjeux actuels et compte tenu de la morale et l'éthique de responsabilité qui sont les nôtres, ce n'est pas une contrainte qui s'impose".

Derrière l'imbroglio, une question stratégique majeure pour EELV. Au-delà des petites phrases et autres guerres d'égo qui minent le parti écologiste, EELV se trouve à la croisée des chemins politiques. D'un côté, Cécile Duflot et les opposants à un retour dans le gouvernement estiment que la défaite socialiste à l'élection présidentielle de 2017 est déjà acquise. Aucun intérêt, donc, à se compromettre dans le gouvernement. A l'inverse, les "pro" estiment qu'il y a tout intérêt à s'intégrer à un gouvernement contesté, pour faire bouger les choses et prouver qu'EELV peut être un parti qui exerce le pouvoir. Si les grandes manœuvres ont déjà commencé, à en juger par l'intensité des combats internes chez les écologistes, la ligne du parti est loin d'être encore clairement fixée.  

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