Les "fainéants" de Macron : "Hollande, Sarkozy et Chirac n’ont jamais été assez loin" pour Castaner

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Réagissant aux déclarations d’Emmanuel Macron en Grèce, Christophe Castaner a fustigé le manque de courage des responsables politiques des trente dernières années face aux nécessites de réformes. 

INTERVIEW

Une petite phrase qui fait couler beaucoup d’encre. À l’occasion de son déplacement à Athènes, Emmanuel Macron a déclaré ne rien vouloir céder dans sa volonté de réforme "ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes". De quoi faire bondir une partie de l’opposition. "De qui parle le président lorsqu’il dit qu’il ne cédera rien aux fainéants ? De ces millions de privés d’emplois et de précaires ?", s’est notamment étouffé Philippe Martinez, leader de la CGT, dans les colonnes du Parisien. Le syndicaliste prendra mardi la tête d'un premier cortège d’opposants à la réforme du code du Travail.

"Il fallait du courage, prendre un risque". "Le président de la République a évoqué ceux qui bloquent les réformes dans ce pays depuis de nombreuses années : il a parlé des fainéants, des cyniques et des extrémistes", précise Christophe Castaner dimanche, au micro du Grand Rendez-vous d’Europe1/Les Echos/CNews. "Le président de la République a parlé de ceux qui n’ont pas eu le courage de faire les réformes nécessaires. Il a parlé des trente dernières années : François Hollande, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac ont su réformer sur certains sujets mais n’ont jamais été assez loin, parce qu’il fallait du courage, prendre un risque".

"Des rois-fainéants ?", Interroge Laurence Ferrari. "Vous les qualifiez comme vous voulez !", lui répond le porte-parole du gouvernement. "On ne parle pas des hommes, on parle de la posture. La posture de la fainéantise qui consiste à dire : 'franchement, c’est trop compliqué, laissons ça à demain'", explique Christophe Castaner.

Le "dépassement politique". Pour illustrer son propos, Christophe Castaner évoque la loi El Khomri, non prévue dans le programme électoral de François Hollande en 2012, et qui s’est heurtée à la fronde d’une partie des socialistes. "J’ai vécu cinq ans dans la majorité précédente, et c’est pour ça que j’en suis parti. Parce que l’on était toujours à mi-chemin, on était toujours immobilisé parce que le Parti socialiste était coupé entre progressistes et conservateurs. Au fond, notre classe politique est ainsi constituée", déplore-t-il. "La première réussite d’Emmanuel Macron c’est le dépassement politique, c’est d’être sorti des logiques de parti pour aller chercher toutes celles et tous ceux qui ne voulaient pas se satisfaire de faire plaisir aux fainéants, aux cyniques et aux extrémistes pour reformer".