Les coulisses de la démission d'Emmanuel Macron

© ALAIN JOCARD / AFP
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David Doukhan avec M.Du , modifié à
Le ministre de l'Economie a annoncé sa démission mardi après-midi. Récit d'un début de semaine particulier.

Des mois de rumeurs et finalement, il a démissionné mardi après-midi. Jusqu'au dernier moment, Emmanuel Macron a hésité : rester ou partir ? Finalement, François Hollande et son désormais ex-ministre sont tombés d'accord sur un scénario de départ. 

Une entrevue lundi matin : Macron hésite. Tout commence lundi matin. Emmanuel Macron est reçu dans le bureau de François Hollande à l’Elysée. Le président de la République lui rappelle les règles : soit on est ministre à 100%, soit on n’est plus ministre. Emmanuel Macron en convient mais François Hollande ne le force à rien. Il lui dit en substance :  tu dois choisir. Mais Emmanuel Macron hésite. Il ne donne pas sa décision et demande un peu de temps. Le chef de l'Etat le lui accorde mais il se fait sa conviction dans la journée : son ministre va démissionner.

"La déloyauté nous blesse tous". François Hollande prévient alors Manuel Valls qui est en route pour Colomiers où doit se tenir le meeting de rentrée du gouvernement. Le Premier ministre intègre cette information qu'il va distiller dans son discours. "La déloyauté nous blesse tous", lance-t-il dans une salle surchauffée. 

8h30 mardi matin, coup de téléphone. La nuit passe. A 8h30 mardi, le téléphone de François Hollande sonne. A l'autre bout du fil, Emmanuel Macron. Cette fois, c'est décidé, il annonce son départ. La conversation est brève. De son côté, Manuel Valls arrive à l'Elysée pour la traditionnelle conférence des ambassadeurs. Les deux hommes conviennent que l'urgence reste la continuité du gouvernement. Tous les deux vont tomber très vite d'accord sur l'option Michel Sapin en remplacement d'Emmanuel Macron. 

Mardi soir : ambiance lourde à l'Elysée. Le traditionnel dîner de la majorité s'est tenu, comme tous les mardis, mais avec une ambiance lourde dans le Palais. Car tout le monde l'admet : il n'y a aucune chance de victoire l'année prochaine avec Emmanuel Macron dans les pattes. François Hollande constate bien que son ancien ministre ne s’est pas encore clairement déclaré candidat. 

La riposte : les arguments anti-Macron. Vient maintenant le temps de la contre-offensive. Pour les arguments anti-Macron, il faudra désormais insister sur le côté perso, diviseur, de quelqu'un qui a une ambition dévorante, qui adhère à la ligne du gouvernement depuis 2012 et qui donc ne veut devenir président que pour lui-même. C'est ce que va répéter le camp Hollande à longueur d'interviews. Pourquoi ? Parce que Emmanuel Macron dehors, c’est une très mauvaise nouvelle pour François Hollande. S’il ne joue pas le jeu de la primaire comme il l’a laissé entendre alors ce sera la présidentielle directement. Et une candidature d’Emmanuel Macron en plus de celle de François Hollande, c’est presque la garantie sur facture d’une défaite de la gauche l’année prochaine.