Le sort de la mosquée à Mantes-la-Ville sera décidé en septembre

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Le sort de la mosquée à Mantes-la-Ville sera décidé en septembre
Le maire, Cyril Nauth, refuse l'installation de cette mosquée@ AFP
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Mantes-la-ville entrevoit la fin d'une longue bataille judiciaire entre un projet de mosquée et un projet de commissariat.

Troisième round devant la justice administrative pour le maire FN de Mantes-la-Ville (Yvelines) qui veut préempter un local, destiné par la précédente municipalité à devenir un lieu de culte musulman, pour y installer sa police municipale : le tribunal de Versailles, saisi vendredi sur le fond, tranchera le 16 septembre.

Mosquée contre commissariat. Cyril Nauth, l'édile frontiste qui s'oppose à la préfecture des Yvelines et à une association musulmane, avait été débouté en référé (procédure d'urgence) par cette même juridiction en août 2015, puis par la cour administrative d'appel en octobre. Au coeur de la bataille judiciaire : l'ancienne trésorerie municipale, un local inoccupé d'au moins 500 m2. L'Association des musulmans de Mantes-sud (AMMS) a racheté ces locaux en octobre 2015 à la communauté d'agglomération de Mantes-en-Yvelines. Elle y a sommairement aménagé depuis une petite salle de prière qui accueille 300 fidèles, alors que doit être démoli l'actuel lieu de culte principal de la ville, un pavillon vétuste dans lequel s'entasse "un millier de personnes lors de la prière du vendredi, dans des conditions d'hygiène et de sécurité déplorables", selon le président de l'AMMS Abdelaziz El Jaouhari, présent vendredi à l'audience.

Une longue bataille judiciaire.Cyril Nauth avait officialisé au printemps 2015 son intention d'y transférer l'actuel poste de police municipale, un pavillon de 90 m2, inadapté selon lui, dans le cadre d'un renfort de ses effectifs, une promesse électorale. Vendredi, le rapporteur public a estimé qu'il y avait eu "détournement de pouvoir" de la part de la municipalité et que la mairie ne pouvait se prévaloir d'un droit de préemption, son projet n'étant, selon lui "pas une opération d'intérêt général". Il a notamment pointé "le coût" du projet du maire (760.000 euros) et le fait que le local était "disproportionné" pour une équipe de "12 agents de police municipale".

"On fait le choix du communautarisme". Au sortir de l'audience, le maire a dit "regrette(r) cet avis du rapporteur public qui considère qu'un poste de police municipale dans une zone de sécurité prioritaire n'est pas un projet d'intérêt général". "Surtout en comparaison d'un lieu de culte musulman" qui, a-t-il souligné, "par définition ne s'adresse qu'à une communauté". Quant au coût du projet qu'il soutient, il a répondu: "En quoi ça regarde un préfet (...) si on veut mettre le paquet sur la sécurité ?". "Encore une fois, on fait le choix du communautarisme, c'est regrettable", a-t-il conclu. 

Abdelaziz El Jaouhari a lui, regretté un "positionnement démagogique : on dilapide l'argent public dans des procédures perdues d'avance et surtout pour stigmatiser une partie de la population".