Le renoncement de Hollande, une décision "contrainte et forcée" pour Bayrou

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Le chef du MoDem, invité dimanche d'Europe 1, a estimé que la président de la République n'aurait pas pu, face aux pressions de ses proches et d'une partie de la majorité, porter un projet pour la France en 2017.

INTERVIEW

Le président de la République a-t-il succombé aux pressions de son entourage ? François Hollande a annoncé jeudi soir qu’il renonçait à briguer un second mandat, estimant que sa candidature rendait impossible l’unité de la gauche. "Il y a des règlements de comptes dans tous les sens. Qu’il y ait eu une pression de Manuel Valls sur François Hollande ? Je crois que c’est établit. Je crois même qu’il l’a dit dans le Journal du Dimanche, il y a huit jours", a commenté François Bayrou dimanche, au micro du Grand Rendez-Vous d’Europe 1/Itélé/Les Echos.

Ce retrait du chef de l’Etat sortant – une première dans l’histoire de la Ve République – ouvre en effet un boulevard à son Premier ministre qui a déjà laissé entendre, à plusieurs reprises, son intention de participer à la primaire de la gauche, réunissant le PS et l’UDE de Jean-Vincent Placé.

Un président "isolé". François Bayrou a également tenu à saluer l’attitude du président de la République. "J’ai pensé que c’était honorable, j’ai pensé qu’il y avait une grande émotion en lui – il avait la voix blanche –, et j’ai pensé que cette décision était en faite contrainte et forcée, et en germe depuis très longtemps. Contrainte et forcée par le fait qu’il se trouvait complètement isolé et qu’il n’aurait pas pu défendre un projet de manière positive et de manière à l’emporter", a estimé le maire de Pau.

La fonction présidentielle face au système des primaires. Pour lui, le renoncement du président de la République ne doit pas être lu comme le symptôme d'une crise institutionnelle, au contraire : "Il n’affaiblit pas la fonction présidentielle, ce qui aurait affaiblit la fonction présentielle c’était ce scénario fou de la participation du président de la République à une primaire où il aurait eu à affronter des candidats sans responsabilités, pendant qu’il avait à assumer la fonction de président de la République et de garant des institutions", a déclaré celui qui a voté François Hollande en 2012.

Entendu sur Europe 1
La majorité des Français n’est pas représentée dans nos institutions. Ça, c’est la crise institutionnelle !

Crise de la démocratie représentative. "Ce qui nous met en situation de crise institutionnelle durablement, c’est le système électoral que nous avons choisi, et qui fait que la majorité des Français n’est pas représentée dans nos institutions. Ça, c’est la crise institutionnelle !", poursuit-il. "Le fait que 60% des Français soient exclus de la représentation, et que la représentation soit monopolisée par deux partis dominants mais minoritaires, fait que l’on ne peut pas conduire de politique. Au bout du compte, on se retrouve devant une sécession des Français, des citoyens par rapport au pouvoir", déplore le patron du MoDem. 

Et quand bien même une meilleure représentativité porterait un grand nombre d'élus FN aux commandes, François Bayrou assume sa position : "Je me suis toujours battu contre le Front national, et je ne cesserai pas de me battre dans les années qui viennent, mais je considère que les Français qui adhèrent à ses thèses et qui votent pour elle [pour Marine Le Pen, NDLR], méritent d’être représentés, ils ne sont pas moins citoyens que d’autres", souligne-t-il.