Le Guen et la dépénalisation du cannabis : couac ou pas couac ?

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Le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement a demandé aux socialistes de rouvrir le débat sur la dépénalisation du cannabis, alors même que l'exécutif y est fermement opposé.

C'est un vieux débat qui resurgit brutalement dans l'actualité, celui sur la dépénalisation du cannabis. Et c'est un membre du gouvernement qui le relance. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, souhaite que le parti socialiste ouvre un débat sur la fin de la prohibition du cannabis comme il l'a déclaré lundi soir sur BFMTV. "Il y a un tabou. La prohibition n’amène pas la diminution. Notre pays est un des pays qui consomment le plus ", a-t-il notamment estimé pour justifier sa proposition.

Enjeu sanitaire et sécuritaire. Jean-Marie Le Guen est favorable à une légalisation contrôlée, avec levée de l'interdiction sélective, limitée au plus de 21 ans, et pour un usage privé. Il avance en franc-tireur. C’est en tout cas ce qu’il affirme, précisant que cette question lui tient à cœur. Médecin de formation, Jean-Marie Le Guen estime qu’il y a une urgence sanitaire. Selon lui, la législation actuelle ne marche pas, elle n’empêche pas les adolescents de fumer. Son autre argument, c’est la sécurité : le commerce de cette drogue entraîne une criminalité très importante, voire carrément une "gangstérisation des banlieues", comme il dit. Il veut donc ouvrir le débat pour la présidentielle, allant même jusqu'à proposer un référendum sur cette question.

Un calcul politique ? La question se pose. La légalisation du cannabis est un marqueur fort à gauche en ces temps difficiles pour le gouvernement. Mais ce n’est pas ce qu’on dit à l’Elysée. Dans l’entourage de François Hollande, on rappelle que le président n’a jamais varié sur cette question : il y a toujours été fermement opposé. Même écho du côté de Matignon : Manuel Valls, l’été dernier, avait déclaré que le débat était clos.