Le gouvernement sort le carton rouge pour la CGT

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Le gouvernement sort le carton rouge pour la CGT
Image d'illustration@ THOMAS SAMSON / AFP
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C'est décidé, la CGT n'aura plus le droit de manifester à Paris. C'est en tout cas la décision du gouvernement mardi... une décision difficilement tenable qui arrive tard. 

Le gouvernement en a ras le bol des manifestations qui dégénèrent et, il l'a fait savoir mercredi. François Hollande et Manuel Valls ont en effet sorti le carton rouge pour la CGT, à l'origine de la grande manifestation de mardi. La goutte qui a fait déborder le vase pourrait bien être la dégradation de l'hôpital Necker mardi. "C’est une attaque de vandales dans un lieu de solidarité qui discrédite totalement tous ceux qui en sont à l’origine", a dénoncé le président de la République pour décrire cet acte de vandalisme. Et quand François Hollande dit cela, il vise directement la CGT pour avoir organisé ce désordre avec préméditation.

Accusée de complaisance. Dès la préparation du parcours de la manifestation de mardi dernier avec la préfecture, la CGT a joué la carte de la tension et elle est accusée d’avoir sous-évalué les risques de débordements de la mobilisation en adaptant mal son service d’ordre. Le syndicat est également coupable de complaisance aux yeux du gouvernement car il lui a fallu 24 heures pour condamner les dégradations de l’Hôpital Necker-Enfants malades dans le 15ème. Résultat, la CGT est sanctionnée par le gouvernement. Au terme du réquisitoire, le Président de la République a décidé d'interdire toute nouvelle manifestation à Paris du syndicat.

Une sanction qui arrive tard. Il aura fallu attendre quatre mois de conflit, de blocages et de casses pour qu'une telle sanction tombe. Un carton rouge qui arrive donc un peu tard alors que la France est en plein état d'urgence, dans un contexte d'Euro de football. Le gouvernement a en effet un peu tardé à assurer le premier droit fondamental : la sécurité. Un manquement qui aurait été inconcevable auparavant sous la gauche au pouvoir. Jamais un Gaston Deferre ou un Jean-Pierre Chevènement n'auraient laissé une minorité radicale exposer la rue à ce degré de violence. François Hollande a donc dilapidé son crédit à œuvrer si tard et, la question est maintenant de savoir s’il tiendra son engagement d’interdiction en cas de nouvel appel à manifester de la CGT.