Laurence Rossignol : "Michel Sapin doit réfléchir sur ce qu’est le sexisme"

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Invitée du Club de la presse, la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes a réagi aux accusations de sexisme dont s'est défendu Michel Sapin mardi et au scandale Denis Baupin.

INTERVIEW

Dans leur livre intitulé L'Elysée Off, les journalistes Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri accusent Michel Sapin d'avoir "fait claquer l'élastique de la culotte" d’une journaliste. "On est dans un domaine total de calomnie", s’est défendu le ministre des Finances, mardi, en plein scandale Baupin.

"Je ne crois pas qu’il doive démissionner". "On lui a demandé de s’excuser, il s’est excusé. Prenons acte de ses excuses", a réagi Laurence Rossignol, la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes. "Au-delà de l’excuse, il y a une compréhension nouvelle, quelque chose dont il n’avait pas mesuré totalement la signification, la portée. Il doit lui-même réfléchir sur ce qu’est le sexisme, les rapports avec les femmes, mais je ne crois pas qu’il doive démissionner", a-t-elle estimé au micro d’Europe 1.

Entendu sur Europe 1
L’examen de conscience que tout le monde doit faire, d’un certain point de vue, je suis fière que ce soit le monde politique qui le porte.

"Aucun milieu n'est l'exclusivité". Si elle s’est déclarée "très choquée" par les révélations de harcèlement sexuel qui ont émaillé le milieu politique cette semaine, la ministre a tenu à rappeler "qu’aucun milieu n’est l’exclusivité". "L’examen de conscience que tout le monde doit faire, d’un certain point de vue, je suis fière que ce soit le monde politique qui le porte. Je n’ai pas attendu l’affaire Denis Baupin ni toute autre affaire pour en prendre la mesure. Dès 2012, nous avons fait voter une définition claire et précise du harcèlement sexuel dans le Code pénal pour permettre des poursuites pénales contre les harceleurs ou les agresseurs", s’est-elle félicitée.

"Nous pouvons progresser". "Encore aujourd’hui, nous pouvons progresser et faire mieux en termes d’évolution législative pour protéger les victimes", a-t-elle par ailleurs expliqué. Parmi ces progrès souhaités par la ministre, celui, notamment, de l’augmentation du délai de prescription pénale. "Une proposition de loi a été votée à l’Assemblée nationale il y a très peu de temps (le 10 mars dernier, ndlr), qui allonge les délais de prescription de trois ans à six ans. J’appelle le Sénat à la voter dans les mêmes termes et dans les meilleurs délais", a-t-elle conclu.