Laurence Rossignol dénonce le burkini, "profondément archaïque"

  • A
  • A
Partagez sur :

La ministre des Droits des femmes estime néanmoins que la lutte contre le port du burkini est souvent motivée par des "arrière-pensées" racistes.

INTERVIEW

Alors que le débat autour du burkini s'envenime, après l'éclatement d'une rixe en Corse, Laurence Rossignol a fermement pris position contre le port de ce maillot de bain qui couvre l'intégralité du corps des femmes. "J'ai été l'une des premières à dire que ce burkini n'était pas juste une nouvelle gamme de maillot de bain", a rappelé, lundi sur Europe 1, la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes. "Il y a quelque chose de profondément archaïque, il n'y a rien de nouveau dans le port du burkini."

Pseudo-mode. Laurence Rossignol juge en effet que le burkini "ne peut pas être abordé uniquement sous l'angle d'une pseudo-mode ou sous celui des libertés individuelles (chacune s'habillerait comme elle veut)". Pour la ministre, ce vêtement "a un sens, qui est de dissimuler le corps des femmes pour cacher les femmes". "C'est un projet de société, une vision de la place des femmes." Une raison, selon elle, de l'interdire sur la plage, ainsi que souhaite le faire David Lisnard, maire LR de Cannes.

"Arrière-pensées". Néanmoins, Laurence Rossignol juge que la lutte contre le burkini n'est pas toujours menée de façon intelligente. "Pour combattre cet archaïsme, il faut des personnalités politiques de sang-froid, et sans arrière-pensée. Or, je constate qu'il y a des arrière-pensées", notamment de la part de l'extrême-droite, a-t-elle souligné. "Cela ne concerne pas les musulmans mais une fraction politique organisée qui veut développer un projet de société". "Je ne veux pas que notre société s'enflamme sur ces sujets", a ajouté la ministre. Au vu de ce qui s'est passé ce week-end en Corse, où cinq personnes ont été blessées dans une rixe entre des Corses et des jeunes d'origine maghrébine, c'est pourtant déjà le cas.