La nouvelle campagne anti-djihadiste est-elle efficace ?

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La nouvelle campagne anti-djihadiste est-elle efficace ?
@ Capture d'écran stop-dijadisme.gouv.fr
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CONTRE-OFFENSIVE - Le gouvernement lance mercredi une nouvelle campagne choc pour lutter contre l’embrigadement djihadiste. Est-ce efficace ? 

Lorsque l’on se rend sur le nouveau site du gouvernement lancé mercredi et intitulé stop-djihadisme, impossible d’y échapper. La vidéo se lance immédiatement. Musique angoissante, comptes Facebook de djihadistes les armes à la main, et ce message qui apparaît dans une conversation sur le réseau social. Il propose de mettre en contact l’utilisateur avec des djihadistes. Des chants islamistes résonnent alors et mettent en parallèle la rhétorique djihadiste avec la réalité du terrain. Un exemple : “Ils te disent : 'sacrifie-toi à nos côtés, tu défendras une juste cause'. La réponse de l’Etat français : “en réalité, tu découvriras l’enfer sur terre et mourras seul, loin de chez toi”. 

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Ce genre de campagne qui reprend les images et la rhétorique des djihadistes est-elle efficace ? Eléments de réponse avec François-Bernard Huyghe, chercheur à l’IRIS, spécialiste de la communication terroriste.

Les ressorts utilisés. “La campagne française repose sur un ressort qui est très simple”, explique François-Bernard Huyghe. “Leurs promesses versus la réalité, c’est un effet de contraste très simple”. "On dit : 'leurs promesses sont en couleur, la réalité est en noir et blanc, et est horrible'. 

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Campagne

© Capture stop-djihadisme


L’inspiration américaine. Si ce type de campagne est une première en France, selon François-Bernard Huyghe, le gouvernement a néanmoins puisé son inspiration outre-atlantique. En décembre 2013, les Etats-Unis lancent la campagne “Think again, turn away ” (en français : "réfléchis-y, éloigne toi d’eux"), exactement dans la même veine que la campagne française. Pour le chercheur, on s’engage dans une campagne que les Américains nommeraient “de la diplomatie publique”. “Cela consiste à reprendre des techniques qui avaient été inventées durant la Guerre Froide pour combattre le communisme”, explique le chercheur. “On envoie un message idéologique sur les mensonges et les horreurs de l’adversaire".

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Un impact difficile à mesurer. Ce type de campagne est-il efficace ? Il est impossible d’en mesurer l’impact concret, estime François-Bernard Huyghe. “Tout simplement parce que ce n’est pas une campagne de publicité qui vous incite à acheter une lessive ou une crème glacée et sur laquelle on pourrait faire des sondages”. 

Un problème de grille culturelle. Pour autant,le chercheur de l'IRIS doute sérieusement de l’efficacité de ce genre de campagne : “déjà, les échos que j’avais eus des Etats-Unis montraient que l’efficacité était un peu douteuse”. Ensuite, parce que ce clip vidéo “pose un problème de grille culturelle”. “On envoie les mêmes images que leur envoient les djihadistes mais en leur disant : “c’est mal”. “Nous disons : ‘ils tuent des femmes et des enfants” alors que dans la propagande de l’Etat islamique, il est dit : 'nous exécutons les ennemis d’Allah'. “Ce sont les mêmes images, affectées dans un cas d’un signe négatif et dans l’autre d’un signe positif”, conclut-il. 

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Scepticisme. Autre problème soulevé par le chercheur : “nous nous adressons à un public qui a un scepticisme terrible à l’égard de toute communication officielle”. “La crédibilité de ce message sera donc peut-être douteux. 

D’autres pistes ? Existerait-il alors des techniques de communication plus efficaces ? Il n’existe pas de recette miracle, avoue tout de suite François-Bernard Huyghe. Le chercheur propose cependant quelques pistes de réflexion. Par exemple, montrer d’autres aspects du djihadisme et pas seulement  le djihadiste qui part pour mourir et verser le sang. Autre idée : les ridiculiser, notamment sur les réseaux sociaux. Démontrer par exemple qu’ils utilisent “des images truquées ou des faux comptes Facebook avec de faux partisans”. “Utiliser des hackers comme le font les Anonymous est une idée mais ça poserait bien sûr des problèmes juridiques”, conclut le chercheur qui révèle que de nombreux cercles réfléchissent à comment contrer la communication djihadiste. 
>> Regardez le clip vidéo (interdit aux moins de 12 ans) : 



#Stopdjihadisme : Ils te disent…par gouvernementFR