La loi asile et immigration provoque des remous au sein de la majorité

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Pour la première fois depuis un an, un projet de loi fendille l'unité des députés LREM. En cause, le contenu de la loi asile et immigration qui doit être soumise au vote en fin de semaine.

REPORTAGE

Avis de secousses. Pour la première fois en un an de quinquennat, la majorité n'avance pas unie. La cause de la division ? Le projet de loi asile et immigration très critiqué par certains députés de la République en marche. Il arrive ce lundi en première lecture à l'Assemblée nationale pour un vote prévu en fin de semaine. Et selon toute vraisemblance, des voix des députés LREM devraient manquer.

"La solidarité n'est pas un délit". La fronde s'est organisée en commission des lois. Une dizaine de députés LREM ont joué les rebelles, à l'instar de Naïma Moutchou qui a réclamé, en vain, la suppression du délai de solidarité. Car aujourd'hui, aider un migrant à passer gratuitement la frontière est interdit. "On ne peut pas continuer, comme c'est le cas aujourd'hui, à poursuivre ceux qui agissent avec humanisme", s’énerve-t-elle. "La solidarité n'est pas un délit. Ça ne peut pas être la conception de la France, en tout cas, ce n'est pas la mienne", tranche-t-elle.

"Ça vous dépasse un peu tout ça". L'ambiance était ainsi glaciale pendant les 28 heures de débat. Mais le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb ne lâche rien. Presque tous les amendements sont rejetés, ce qui agace les marcheuses Martine Wonner et Sandrine Mörch qui le font sentir dans leurs interventions : "Quand on parle de l'humain, je pense qu'il sera bien de prendre un tout petit de distance et de hauteur", indique l'une avant que l'autre n'ajoute au propos : "On n'est pas en train de parler d'administration mais de personnes humaines, voilà, je pense que ça vous dépasse un peu tout ça, donc je pense qu'on arrête le débat...", dit-elle avant que ne s'élève un bruit de fond protestataire. 

Verdict dans l’hémicycle en fin de semaine. Reste une question : ces querelles seront-elles affichées dans l’hémicycle ? Richard Ferrand, patron du groupe craint de voir ces divisions étalées au grand jour et a menacé les rebelles d'exclusion la semaine dernière. Ce qui n'aurait eu aucun effet si on croit les déclarations d'un député de l'aile gauche, prêt au combat.