"Jungle" de Calais : Martin Schulz juge "absolument normale" la fermeture des frontières belges

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CRISE DES MIGRANTS - Martin Schulz, président du Parlement européen, a estimé mercredi sur Europe 1 que le rétablissement des contrôles à la frontière franco-belge ne remettait pas en cause l'espace Schengen.

INTERVIEW -

Alors que la Belgique a annoncé, mardi, le rétablissement temporaire de contrôles à sa frontière avec la France pour faire face à un éventuel "afflux de milliers" de migrants quittant la "jungle" de Calais, l'Union européenne ne semble pas s'en inquiéter outre mesure. Martin Schulz, président du Parlement européen, a ainsi jugé, mercredi sur Europe 1, que cette décision était "absolument normale" et entrait parfaitement "dans le cadre de l'accord Schengen".

Des contrôles à durée limitée. "La Belgique a établit des contrôles à durée limitée", a t-il rappelé. "Elle l'a annoncé à ses voisins et à la Commission européenne." De fait, le ministre belge de l'Intérieur, Jan Jambon, a bien prévenu Bruxelles qu'il déploierait 250 à 290 policiers. Ces forces de l'ordre procéderont à des contrôles aux points de passage avec la France, notamment près de la côte ainsi que dans les environs du port de Zeebruges. Pour Martin Schulz, il "faut faire une différence entre la fermeture des frontières pour une raison grave", à l'instar de ce qui arrive actuellement à la Belgique, et "la fermeture des frontières permanentes, qui concernerait aussi les transports, les services". Cette seconde option serait, selon lui, véritablement dramatique pour l'économie de l'Union européenne.

"Renvoyer immédiatement" les migrants non-éligibles au droit d'asile. Le président du Parlement européen a également appelé à prendre des mesures pour mieux encadrer les arrivées migratoires en Europe. "Il faut demander la raison pour laquelle les gens arrivent", a t-il déclaré. "Environ 40% des migrants ne sont pas éligibles au droit d'asile. Il faut immédiatement les renvoyer chez eux." Parallèlement, Martin Schulz a appelé à plus de solidarité entre les pays européens pour accueillir les réfugiés. "Il faut protéger les familles, par exemple syriennes ou irakiennes et les répartir dans les 28 Etats membres de l'Union européenne, pas seulement quatre."

Travailler avec la Libye. Enfin, Martin Schulz s'est dit favorable à une coopération avec le gouvernement libyen pour éviter les arrivées de migrants que l'Union européenne anticipe au printemps. De fait, c'est généralement depuis la Libye qu'embarquent les personnes cherchant à rejoindre l'Europe. "Je suis profondément convaincu qu'on peut soutenir [le gouvernement libyen] avec de l'argent et des infrastructures", a déclaré le président du Parlement européen. "La réponse n'est pas uniquement militaire."