La déroute des barons de la Sarkozie

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La déroute des barons de la Sarkozie
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Guéant, Morano, Lefebvre… Ces proches de l’ex-président ont subi la sanction des urnes.

L’étiquette de proche de Nicolas Sarkozy peut se révéler lourde à porter. A l’occasion des élections législatives, certains ont pu s’en rendre compte douloureusement. Plusieurs proches de l’ancien président, qu’ils aient occupé des hautes fonctions ou non, se sont en effet pris les pieds dans le tapis du scrutin. Tour d’horizon des grands battus de la Sarkozie.

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Claude Guéant. A 67 ans, Claude Guéant affrontait pour la première fois le verdict des urnes. Et pour un coup d’essai, ce fut… un feu de paille. Parachuté dans la neuvième circonscription des Hauts-de-Seine, l’ancien ministre de l’Intérieur a été victime de la dissidence de Thierry Solère. Ce dernier, élu local, arrive en tête avec 39,35% des suffrages, devant l'ex-secrétaire général de l'Elysée (38,41%), soit 300 voix d’écart à peu près.

"Je déplore un certain nombre de procédés peu républicains qui ont été utilisés par mon concurrent", Thierry Solère, a souligné Claude Guéant en réaction à ce résultat. "Je déplore également qu'il se satisfasse si aisément d'être élu ce soir avec les voix de la gauche... puisque le potentiel de gauche au premier tour était de 28% et que Mme (Martine) Even (PS) n'a que 21% ce soir", a-t-il ajouté, légèrement amer.

Celui qui fut le plus proche collaborateur de Nicolas Sarkozy entre 2002 et 2012 se trouve désormais sans mandat et sans fonction, puisqu’il a fait valoir ses droits à la retraite en tant que préfet hors-cadre en janvier 2010. Et sa défaite aux législatives le rend forcément moins incontournable dans la guerre des chefs qui se profilent à l’UMP.

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Nadine Morano. Elle a animé l’entre-deux-tours notamment par ses appels incessants et appuyés aux électeurs du Front national. Mais rien n’y a fait. Après deux mandats de députée, Nadine Morano quitte l’Assemblée nationale. L’ancienne ministre de l’Apprentissage a été sèchement battue dans la cinquième circonscription de Meurthe-et-Moselle. Son adversaire Dominique Potier a en effet récolté 55,67% des suffrages exprimés.

Nadine Morano a eu du mal à cacher son amertume à l’issue des résultats. Elle n’a surtout pas oublié de s’en reprendre une nouvelle fois à Gérald Dahan, qui s'était fait passer la semaine dernière pour le numéro 2 du FN, Louis Aliot, à qui elle avait donné des signes appuyés de sympathie. "Si c'est de la déception, ce que je regrette le plus, ce sont les coups tordus et notamment ceux de Dahan qui est un militant socialiste, qui à 48 heures des élections législatives a quelque peu sans doute pu intervenir sur ce scrutin de manière extrêmement négative", a-t-elle estimé. Friande d’apparitions télévisuelles, Nadine Morano doit à présent se préparer à une période de vaches maigres médiatiques.

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Frédéric Lefebvre. C’est une sorte d’exploit qu’a réalisé Frédéric Lefebvre en ne remportant pas la première circonscription des Français de l’étranger, qui concerne les expatriés d’Amérique du Nord et du Canada. Auprès de ces mêmes électeurs, Nicolas Sarkozy avait recueilli 53% des voix au second tour de l’élection présidentielle. Autant dire que le combat semblait gagné d’avance pour l’ex-secrétaire d’Etat au Commerce.

Frédéric Lefebvre n’a pourtant pas réussi à convaincre les électeurs. Et sa défaite est assez sèche. La socialiste Corinne Narassiguin, Réunionnaise installée à New York depuis 12 ans, a en effet recueilli 56,01% des voix, contre 45,99% à son adversaire UMP. Ne reste désormais comme seul mandat à Frédéric Lefebvre celui, conquis en 2004, de conseiller régional d’Ile-de-France.

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Valérie Rosso-Debord. Elle était l’étoile montante de l’UMP, prête à supplanter dans le rôle de la femme de caractère Nadine Morano. Nommée porte-parole de Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle, et membre de la cellule riposte de l’UMP, Valérie Rosso-Debord a vu son ascension stoppée nette dimanche. Cette porte-flingue revendiquée n’a recueilli que 45,85% des voix dans la deuxième circonscription de Meurthe-et-Moselle, nettement battue par le socialiste Hervé Feron (54,15%). Il lui sera désormais difficile de peser autant qu’elle l’ambitionnait lors de la lutte d’influence qui s’annonce à l’UMP.



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Guillaume Peltier.  Ancien de l’extrême droite, Guillaume Peltier avait activement participé à la campagne présidentielle, en promouvant avec ferveur la ligne Buisson, qui avait vu le candidat sortant se "droitiser" sensiblement. A 35 ans, il espérait enfin entrer de plain-pied dans la carrière politique en remportant un siège à l’Assemblée nationale. Les électeurs de la première circonscription d’Indre-et-Loire en ont décidé autrement. La défaite qu’ils ont infligée au jeune loup de l’UMP est d’ailleurs cinglante. Guillaume Peltier n’a en effet récolté que 41,81% des voix. Il va donc devoir encore patienter pour voir sa carrière politique décoller.



NKM, le contre-exemple. Pour la porte-parole du candidat Sarkozy, la bataille était loin d’être gagnée d’avance. Ciblée par le Front national, talonnée par le socialiste Olivier Thomas, Nathalie Koscisuko-Morizet est tout de même parvenue à conserver son siège, avec 51,48% dans la quatrième circonscription de l’Essonne. Ce qui lui laisse toute latitude pour tenter de peser dans l’inévitable recomposition de l’UMP.