La bataille pour le poste de premier secrétaire achèvera-t-elle le PS ?

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À la veille de la date limite du dépôt des candidatures, ils sont au moins cinq à vouloir devenir premier secrétaire du PS. Un parti en ruines, où tout est à reconstruire.

L'ENQUÊTE DU 8H

Stéphane Le Foll, Olivier Faure, Luc Carvounas, Delphine Batho et Emmanuel Maurel sont déjà dans les starting-blocks. Julien Dray, lui, hésite encore. Au moins cinq candidats veulent prendre la tête du Parti socialiste au printemps. Europe 1 s'est rendu à Solférino, devenu un vaisseau fantôme… à l'image du PS.

Vider les bureaux, vendre le matériel. Le siège est déjà vendu. Le déménagement est prévu fin septembre. Alors les salariés s'activent pour vider les bureaux, ils emportent de vieux ordinateurs. "27 euros", annonce l'un d'eux. Ici, tout est à brader. Au mur, des posters jaunis sont encore accrochés, comme celui qui rappelle le centenaire du parti… fêté en 2005.

Un congrès "décisif". La plupart des salariés - en plein plan social - ont déjà déserté. Alain Bergougnoux, l'historien du parti, fait figure de dernier gardien du temple. En ouvrant la porte de son petit bureau, qu'il occupe seul, il lance : "Vous êtes venue faire l'autopsie ?!" "C'est une situation très difficile. Y a-t-il la possibilité de reconstruire ? C'est tout l'enjeu du congrès (qui se tiendra les 7 et 8 avril 2018, ndlr), même s'il ne démarre pas sous les meilleurs auspices. Ce congrès va être décisif. Soit il y a un sursaut, avec un vrai programme de travail, soit ce n'est pas le cas, et alors c'est la mort du parti tel qu'il est", juge-t-il. 

Les candidats se déchirent (encore). Alain Bergougnoux s'avoue dubitatif sur ce sursaut. Depuis le renoncement de Najat Vallaud-Belkacem, l'élection ne compte plus aucune tête d'affiche. Peu de choses distinguent les cinq candidats déclarés. Pourtant, ils passent leur temps à se dézinguer les uns les autres. Lors d'un déjeuner, l'un accuse l'autre d'être piloté par Emmanuel Macron. Un troisième va rechercher les professions de foi de ses adversaires en 2017 pour montrer qu'à l'époque, ils se disaient Macron-compatibles pour être élus députés. Alors qu'aujourd'hui, ils se posent en remparts du macronisme. Delphine Batho a même assigné le PS en justice sur la question des parrainages, et a perdu. Rien n'a changé au PS alors que le parti joue peut-être sa survie.

Des militants toujours moins nombreux. Ce qui a changé en revanche, c'est la base militante socialiste. Lessivée par le quinquennat Hollande, humiliée par les 6% de Benoît Hamon à la présidentielle, les militants sont de moins en moins nombreux. Au moment des belles années, le PS comptait 150.000 adhérents. Ils sont à peine 40.000 aujourd'hui. L'un des candidats pense même que seule la moitié - 20.000 - pourraient se déplacer pour voter. En clair, la déprime gagne les fédérations. Pour rappel, le dernier vote interne n'a rassemblé que 717 votants à Paris, et 540 en Haute Garonne.