Jean-Vincent Placé "plus à l'aise pour discuter d'économie" avec la droite

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Le secrétaire d'Etat chargé de la Réforme de l'Etat a plaidé, vendredi sur Europe 1, pour une "convergence" politique transpartisane sur certains sujets. 

INTERVIEW

Fraîchement nommé secrétaire d'Etat chargé de la Réforme de l'Etat et de la simplification, Jean-Vincent Placé s'est dit, vendredi au micro d'Europe 1, plus proche de la droite que de la gauche de la gauche sur certains sujets. Le tout alors que la Projet de loi travail de la ministre de l'Economie Myriam El Khomri et une tribune signée notamment par Martine Aubry a mis le feu à la gauche. "Je suis beaucoup plus à l'aise pour discuter de tous les sujets économiques et sociaux avec Nathalie Kosciusko-Morizet, Frédéric Lefebvre ou Jean-Pierre Raffarin", a t-il déclaré. "Quand je vois que quelqu'un comme Frédéric Lefebvre veut soutenir le texte de Myriam El Khomri, je me dis qu'on peut enfin peut-être arriver à avoir les convergences nécessaires pour le pays."

"Une nécessité de rassemblement". Pour Jean-Vincent Placé, "il y a une nécessité de rassemblement, y compris au-delà de la gauche. C'est ça qui perturbe Monsieur Mélenchon, Monsieur Laurent [secrétaire national du PCF] et ceux qui restent chez les Verts." L'ancien sénateur écologiste avait en effet quitté Europe Ecologie-Les Verts à la fin de l'été 2015, désireux de se rapprocher du gouvernement plutôt que de rester dans l'opposition. François de Rugy ou encore Barbara Pompili avaient fait de même, regrettant la tendance "gauchiste" de leur parti.

Solidarité gouvernementale. Désormais au gouvernement, Jean-Vincent Placé a appliqué à la lettre le principe de la solidarité gouvernementale, soutenant une nouvelle candidature de François Hollande en 2017. "Si le président de la République veut être candidat, et je le souhaite, alors on ne fera pas de primaire", a t-il déclaré. L'ancien sénateur a également indiqué "soutenir totalement" le projet de loi de réforme du travail porté par Myriam El Khomri. "Quand on regarde les faits, on ne touche pas aux 35 heures, on essaie d'ouvrir le sujet. Sur les licenciements, cela ne me paraît pas infamant. Sur les indemnités prud'homales, des interrogations ont été poussées et trouvent des concrétisations dans ce texte", a t-il estimé. Le secrétaire d'Etat a par ailleurs rappelé qu'il ne s'agissait pour le moment que d'un avant-projet de loi, dont la présentation en conseil des ministres n'est prévue que le 9 mars. "Tout le monde se met déjà à hurler, on ne peut pas travailler comme ça", a t-il regretté.

Pour le référendum de Notre-Dame-des-Landes. Cette solidarité gouvernementale pourrait-elle être mise à rude épreuve sur des sujets plus sensibles pour l'écologiste, comme le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? Jean-Vincent Placé est en effet opposé à ce chantier soutenu par l'exécutif. Le secrétaire d'Etat s'est d'abord félicité de l'organisation d'un référendum, rappelant qu'il portait "cette idée depuis six ans". Avant d'assurer qu'il "soutiendrait l'aéroport gouvernemental" si ce scrutin devait en entériner la construction.