Jean-Noël Jeanneney : "Le drapeau tricolore s'impose face au drapeau noir de Daech"

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Invité de Jean-Pierre Elkabbach vendredi, l'historien et ancien homme politique Jean-Noël Jeanneney revient sur l'histoire du drapeau bleu blanc rouge et sur son importance après les attentats du 13 novembre.

INTERVIEW

 "Toute République a besoin civiquement de signes". Parmi ces symboles, l'historien Jean-Noël Jeanneney se réjouit de l'importance du drapeau tricolore après les attentats du 13 novembre. Un drapeau bleu-blanc-rouge qui doit s'imposer pour lui face au noir de Daech. Invité de Jean-Pierre Elkabbach, vendredi, sur Europe 1, il détaille son histoire.

Préféré au rouge, au blanc et au noir. Ce n'est pas la première fois que le drapeau bleu blanc rouge est appelé à s'imposer face à une autre couleur. Tout d'abord contre le drapeau rouge. "Lamartine, chef du gouvernement en 1848, disait que le drapeau rouge avait été rougie par le sang du peuple tout autour du Champ de Mars et que par conséquent il fallait préféré le drapeau tricolore", raconte Jean-Noël Jeanneney.

Puis contre le drapeau blanc qui symbolisait la monarchie dans les années 1870. "C'est parce qu'il exigeait le drapeau blanc que l'héritier des rois n'a pas pu s'installer sur le trône", a analysé l'historien. 

Enfin contre un autre drapeau noir, celui des anarchistes dans les années 1890, que l'historien compare à celui de Daech. "Les anarchistes ont apporté en France beaucoup des aspects de la terreur que les djihadistes essayent de nous imposer aujourd'hui. Des bombes dans les gares, des bombes partout". Il rappelle qu'à l'époque la question de l'équilibre entre les libertés publiques et la protection de la société s'était déjà posée.

Pour Jean-Noël Jeanneney, il est important que la République porte ses symboles. "La République doit rappeler constamment que la France est porteuse, sans arrogance et avec détermination, des valeurs qu'elle a découvertes au moment de 1789", explique-t-il avant d'ajouter : "C'est pourquoi nous ne devons pas céder à la stratégie de l'adversaire, c'est-à-dire la stratégie de l'effroi, parce que sinon nous retomberions dans un certain nombre de comportements qui exagéreraient les effets de l'inquiétude face à l'insécurité".