FN : Jean-Marie Le Pen monte au front

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FN : Jean-Marie Le Pen monte au front
@ FREDERICK FLORIN / AFP
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Le cofondateur du Front national conteste devant la justice sa suspension du parti et de la présidence d'honneur. 

Mise à jour 12h50. Le tribunal de Nanterre rendra finalement sa décision le 2 juillet. 

Jean-Marie Le Pen conteste vendredi en justice sa suspension du Front national par les instances dirigeantes du parti, nouvelle étape dans la crise qui l'oppose à sa fille. Jean-Marie Le Pen, bientôt 87 ans, a annoncé sa présence au tribunal de grande instance de Nanterre, vendredi matin.

Le chef historique du FN conteste sa suspension en tant qu'adhérent, prononcée le 4 mai lors d'un bureau exécutif, la plus haute instance du parti d'extrême droite, ainsi que la "privation de ses droits" en tant que président d'honneur qui en a découlé.

Il veut "le libre exercice" de sa présidence. Marine Le Pen, la présidente du FN, avait fait adopter cette décision après une nouvelle salve de provocations début avril de la part de celui qui a cofondé le FN en 1972. Jean-Marie Le Pen avait une nouvelle fois répété sa vision des chambres à gaz, un "détail de l'Histoire" selon lui, avant de prendre la défense du maréchal Pétain, du "monde blanc" et de critiquer la démocratie.

Jean-Marie Le Pen demande à la justice d'annuler sa suspension, qu'il juge contraire aux statuts, et de reconnaître que, "en tout état de cause", elle ne peut le priver de sa présidence d'honneur. S'il devait rester privé du "libre exercice" de ces prérogatives, il demande à la justice d'infliger au FN une astreinte de 10.000 euros par infraction constatée.

Les militants trancheront en juillet. L'audience se tient un mois avant un congrès extraordinaire du parti, prévu pour mi-juillet. Les militants voteront par courrier pour "moderniser les instances", "rationaliser les statuts" mais surtout en "supprimer la présidence d'honneur", selon les mots de Florian Philippot, vice-président du parti. Jean-Marie Le Pen "s'inclinera devant l'expression populaire du vote des adhérents", assure vendredi son avocat, prévenant toutefois qu'elle devra "intervenir dans des conditions véritablement démocratiques". "Il peut y avoir 70 recours... L'objectif sera de toute façon atteint", conclut pour sa part Florian Philippot.