Jean-Marie Le Pen attaque le Front national en justice

  • A
  • A
Jean-Marie Le Pen attaque le Front national en justice
@ FREDERICK FLORIN / AFP
Partagez sur :

Le cofondateur du FN veut contester sa suspension, décidée après ses propos polémiques.

C'est l'histoire d'un homme politique qui traîne en justice le parti qu'il a lui-même cofondé, en 1972. Jean-Marie Le Pen, comme il l'avait promis, a annoncé mardi avoir assigné le FN devant le tribunal de Nanterre. Ce que Wallerand de Saint Just, trésorier et ex-avocat du parti, a confirmé. Le fondateur du FN n'a pas digéré sa suspension, fin mai, pour ses propos polémiques sur les chambres à gaz, le maréchal Pétain ou encore les origines de Manuel Valls.

"C'est une méthode stalinienne". "Je conteste mon exclusion comme adhérent et donc l'interprétation extensive" des statuts "qui me prive de ma présidence d'honneur, ce qui tend à me museler en vue du congrès par voie postale", a déclaré Jean-Marie Le Pen à l'AFP. "Il y aura une réponse par oui ou par non à un ensemble de questions", dont celle portant sur la suppression de la présidence d'honneur des statuts du FN, s'est-il indigné. Et d'ajouter, ironique : "c'est une méthode stalinienne, ce n'est pas très courant à droite".

"Le congrès est une manœuvre". Invité mercredi matin d'Europe 1, Jean-Marie Le Pen va préciser ses intentions : "j'ai été victime d'une infamie de la part du Bureau politique du Front national. Je demande raison à la justice. Le congrès est une manœuvre, un piège. Moi j'aime les vrais congrès, c'est-à-dire avec des délégués, comme ceux qui m'ont désigné comme président d'honneur. Il faut respecter le parallélisme des formes. J'ai été élu par un congrès de militants et par conséquent, je n'admets pas d'être éjecté par un congrès postal".

Une audience le 12 juin, en présence de Jean-Marie Le Pen.Dans son viseur, toujours le même homme : Florian Philippot, le vice-président du FN et tête pensante de sa fille Marine. Alors Jean-Marie Le Pen, comme il le fait depuis le début de la crise interne au FN, a fustigé les "socialistes-nationaux-gaullistes à la manoeuvre" au sein du parti. Et les nostalgiques de "l'ancien FN" peuvent compter sur "le Menhir" pour se battre jusqu'au bout contre ces jeunes ambitieux qu'il abhorre. L’octogénaire a ainsi annoncé qu'une audience se tiendrait "le 12 juin" et qu'il serait "présent" physiquement, lui que l'on dit fatigué. Le même jour, le FN a convoqué un bureau politique pour adopter l'ordre du jour de ce congrès extraordinaire, censé mettre fin à son statut de président d'honneur.