Jean-Luc Mélenchon, le nouvel homme fort des sondages

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Le déclin du PS et l'impopularité de François Hollande profitent à Jean-Luc Mélenchon. Pour autant, le candidat à la présidentielle sait que la partie est loin d'être gagnée.

Jean-Luc Mélenchon se sent pousser des ailes. En effet, un sondage le place devant François Hollande au premier tour de la présidentielle : le candidat surfe sur la colère du peuple de gauche, déçu de 2012, et capitalise les intentions de vote.

Dynamique. 95.000 signataires sont déjà réunis derrière "JLM2017", le site de la candidature à la présidentielle lancé par Jean-Luc Mélenchon il y a à peine 2 mois. Dans tout le pays 900 groupes JLM 2017 préparent la grande "marche des insoumis", le 5 juin à Paris. À cette occasion le premier meeting du candidat se tiendra place Stalingrad. En attendant, Jean-Luc Mélenchon multiplie les déplacements, de "Nuit debout" au congrès de la CGT, en passant par les visites d’usines et même l’étranger ; il sera au Canada en fin de semaine.

L'homme providentiel ? Jean-Luc Mélenchon entend se passer des partis pour s'adresser directement aux citoyens. "Je regarde passer le corbillard des Verts et le Radeau de la Méduse du Parti communiste" ironise-t-il. L'eurodéputé se voit en agrégateur de ceux qui veulent réinventer la gauche, de l’extrême gauche au Parti socialiste. Son entourage affirme que des militants et des élus socialistes frappent à sa porte, demandent à le voir, pour un café ou une prise de contact.

Le FN continue d'engranger. Mais Jean-Luc Mélenchon peut-il réellement doubler le candidat socialiste François Hollande, comme un sondage l’indique ? En tous cas, l’intéressé n’y croit guère : "Je n’ai aucune chance dans une situation ordinaire", confiait-il récemment. Jamais les fractures du PS n’ont profité aux communistes et à Jean-Luc Mélenchon, ni aux municipales, ni aux européennes, ni aux départementales, ni aux régionales. Le PS décline, certes, mais c’est le Font National qui engrange. Un chiffre illustre la fragilité de sa dynamique : selon un récent sondage de l’Ifop, seuls 10% des électeurs de François Hollande en 2012 se reporteraient aujourd’hui sur un vote Mélenchon.

500 signatures. Les militants socialistes qui abandonnent le chef de l'Etat ne se rabattent pas nécessairement sur une autre personnalité. Jean-Luc-Mélenchon avait déjà été annoncé comme troisième homme de la présidentielle 2012 par les sondages, certains instituts le propulsaient même à 17% au premier tour. Il avait fini à 11,1%, 4e dans l’ordre d’arrivée. Surtout, la récolte des 500 parrainages d’élus trahit le chemin qui lui reste encore à parcourir avant de parvenir à s’imposer comme le premier candidat de la gauche en 2017. Jean-Luc Mélenchon considère que ça n’a rien d’une formalité, "je ne suis pas serein" confie-t-il. Ses troupes sont déjà parties à la recherche du précieux sésame.