Jadot : Cosse, Placé et Pompili "contribuent à brouiller l’image des écologistes"

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Pour Yannick Jadot, eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts, l'entrée au gouvernement des écologistes "est un désastre pour l'image du parti".

INTERVIEW

"Trahison" non, "désastre" oui ! Yannick Jadot, eurodéputé Europe Ecologie Les Verts, invité d'Europe 1 Nuit jeudi, a commenté l'arrivée au gouvernement de trois écologistes, Emmanuelle Cosse, au Logement, Jean-Vincent Placé et Barbara Pompili. "Il n’y a rien de si dramatique. Au fond, le vrai remaniement a eu lieu la semaine dernière, lorsque Christiane Taubira a claqué la porte du gouvernement et que Nicolas Hulot a refusé d’y entrer, car il considérait que les conditions n’étaient pas réunies", pointe Yannick Jadot.

Toutefois, "ils contribuent à brouiller l’image des écologistes, qui est déjà brouillée. En cela, c’est un désastre. Quand vous avez une secrétaire générale du parti qui choisit sans discuter avec le mouvement de prendre un ministère, cela montre la mauvaise santé de ce mouvement."

"Des signes négatifs sur l'écologie". "Je regrette que l’ex secrétaire d’Europe Ecologie-Les Verts ait fait ce mouvement là. Cela fait des semaines que l’on a des signes très négatifs du gouvernement sur l’écologie, comme la décision de Manuel Valls sur les boues rouges en Méditerranée, les milliards investis dans le nucléaire au détriment des énergies renouvelables ou encore Notre-Dame-des-Landes … Après le départ de Christiane Taubira, on entre dans une période où se sont davantage les clientèles qui sont servies que des ruptures qui sont engagées vers la transition écologique.”

"Un calvaire". "Maintenant, si au gouvernement, ils arrivent à arracher quelques bonnes décisions, tant mieux", a ajouté l'eurodéputé. "Mais je pense que leur chemin en 2017 va être un calvaire, car ils auront à justifier des mesures qui n’auront rien à voir avec de l’écologie politique."

Notre-Dame-des-Landes. Le président François Hollande a annoncé jeudi son souhait que soit organisé d'ici au mois d'octobre "un référendum local" sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, pour sortir du "blocage" sur ce dossier." "Notre-Dame-des-Landes est un objet de négociation et non une conviction", a commenté Yannick Jadot. "Aujourd’hui, on a démontré que l’analyse coûts-bénéfices est totalement bidouillée. L’alternative, c’est optimiser l’aéroport Nantes Atlantique qui est un bon aéroport.

"Il faut que ceux qui seront amener à voter aient le choix entre deux dossiers qui sont dans la réalité des chiffres et expertisés de manière indépendante, a ajouté l'eurodéputé. Si l'on a pas ça, c’est une mascarade".