Hollande agite (déjà) le 49-3 en vue du vote du Budget

  • A
  • A
Hollande agite (déjà) le 49-3 en vue du vote du Budget
@ FRANCOIS MORI / POOL / AFP
Partagez sur :

Alors que les frondeurs menacent de ne pas voter le Budget 2016, l'exécutif se prépare à éventuellement passer en force.

Après avoir débattu des frappes en Syrie mardi, le Parlement poursuit mercredi les discussions sur l'accueil des réfugiés. Comme la veille, le débat - que la droite souhaiterait élargir à la libre circulation dans l'espace Schengen - se déroulera sans vote. En revanche, il y a bien un vote que l'exécutif  appréhende, c'est celui du Budget, présenté au conseil des ministres à la fin du mois.  Car en réaffirmant le cap de l'allègement des charges pour les entreprises, François Hollande se prépare à un nouveau bras de fer avec les frondeurs du PS.

L'Elysée brandit donc déjà la manière forte. L'article 49-3, l'arme absolue du gouvernement pour passer en force, est déjà sur le bureau du président. Un mois avant le début du débat parlementaire, ses conseillers en parlent ouvertement. Autant dire que l'exécutif se fait peu d'illusions sur l'état d'esprit des frondeurs, qui menacent une nouvelle fois de le défier.

paul

Christian Paul, Pouria Amirshahi et Laurent Baumel, les leaders de la fronde, ont clairement fait savoir au Château qu'ils envisageaient de voter contre le Budget. "Je n'imagine pas voter un Budget qui contredirait les positions clairement exprimées par le PS", a confirmé le premier (photo) dans Le Figaro de mercredi. Les frondeurs réclament huit millions d'euros de baisse d'impôts pour les ménages, alors que seulement deux sont prévus. Surtout, ils demandent que cette baisse soit directement ponctionnée sur les allègements de charges des entreprises. Ce que le gouvernement refuse. La réduction d'impôt sera financée par des économies supplémentaires, a tranché l'exécutif.

C'est donc surtout pour marquer sa détermination que l'Elysée évoque si tôt le 49-3, face à des frondeurs qui, eux, n'ont plus grand-chose à perdre à un an et demi de la fin du quinquennat.