Henri Guaino demande à Jean-Pierre Jouyet "de s'expliquer"

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Henri Guaino demande à Jean-Pierre Jouyet "de s'expliquer"
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GRAND RENDEZ VOUS - Henri Guaino, député UMP des Yvelines, s'est exprimé sur l'affaire Fillon en visant directement Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l'Elysée. 

C'est un des premiers du camp Sarkozy à se prononcer sur l'affaire Fillon. Henri Guaino, député UMP des Yvelines, ancienne "plume" de Nicolas Sarkozy à l'Elysée et invité dimanche du Grand rendez-vous, revient en effet sur le "FillonGate" en visant Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l'Elysée. Jeudi 6 novembre, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, deux journalistes du Monde, ont révélé que François Fillon aurait demandé à Jean-Pierre Jouyet, d'accélérer les enquêtes contre Nicolas Sarkozy. Henri Guaino commente aussi la situation actuelle de la France et du gouvernement, "proche du chaos", selon lui. Il exprime enfin son souhait de réformer l'UMP en profondeur. 

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Affaire Fillon : Guaino vise Jouyet. Sur l'affaire François Fillon, Henri Guaino se dit "accablé" par le climat qui "règne dans notre pays". Il juge que le déjeuner entre Jouyet et Fillon en soi n'est pas un scandale. Mais il dénonce une "opération de lynchage" à partir d'un enregistrement. Dans ce "FillonGate", il dénonce surtout l'attitude de Jean-Pierre Jouyet à qui il demande "de s'expliquer". 



Henri Guaino : "Jean-Pierre Jouyet doit s...par Europe1fr

"Évidemment, on ne peut pas en rester là, ils (les journalistes) vont produire cette bande", a-t-il ajouté. Quant à Jean-Pierre Jouyet, "qu'il s'explique et si les explications ne sont pas convaincantes, on ne peut pas en rester là", a enchaîné l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. 

"Le fait de déjeuner avec quelqu'un ne vous rend pas coupable", selon Henri Guaino mais si les propos sont avérés, "c'est une affaire d'Etat", reconnaît-il. 

François Fillon a-t-il réellement demandé à l'Elysée d’accélérer les affaires judiciaires visant Sarkozy ? "Je ne peux pas imaginer François Fillon se livrer à une telle démarche", déclare-t-il. "La seule personne aujourd'hui qui soit acteur de cette affaire, c'est Jean-Pierre Jouyet", a insisté le député des Yvelines. Henri Guaino ne souhaite par ailleurs pas rapporter ses discussions avec Nicolas Sarkozy à ce sujet.  

"De grandes opérations de déstabilisation". Au sujet de la possible illégalité du remboursement par l'UMP des pénalités infligées à Nicolas Sarkozy suite à l’invalidation de ses comptes de campagne, Henri Guaino rappelle que des "notes de Bercy expliquent exactement le contraire". Il ne veut pas faire de lien entre l'enquête préliminaire du Parquet à ce sujet et la rencontre Jouyet-Fillon. "Je ne sais pas s'il y a un cabinet noir" qui s'occupe personnellement de Sarkozy déclare Henri Guaino mais il "observe que tout cela est profondément anormal". "Il y a des questions qui se posent sur la façon dont la justice opère", observe-t-il.

"Qu'il y ait de grandes opérations de déstabilisation, ça commence à devenir d'une évidence flagrante", a-t-il dénoncé, ajoutant que "le rôle de Jean-Pierre Jouyet ne peut que créer un doute terrible sur les intentions du pouvoir".

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La France et l'UMP vont mal. Henri Guaino ne veut pas se prononcer sur la guerre des chefs à l'UMP. Il dit n'avoir pas peur pour la droite mais "pour son pays", qui pourrait se jeter dans "les bras de démagogues", Marine Le Pen ou autre. Il va jusqu'à faire le comparatif avec notre époque et celle des années 1930 et 1940. Il y a "un malaise" en France, selon lui. 

Mais que faire pour sauver l'UMP ? "Le problème n'est pas de savoir qui va gagner les élections mais qui va pouvoir gouverner la France", pointe le député des Yvelines. De plus, il rappelle qu'il n'y a pas que l'UMP qui va mal et il invite à se pencher sur la situation du Parti Socialiste. Il déplore cependant qu'à part le Front national, "plus aucun parti ne tient debout".

Un nouvel UMP "le plus gaulliste possible". Henri Guaino pense que l'UMP telle qu'il est aujourd'hui est à réformer. Mais il ne souhaite pas s'exprimer aujourd'hui sur une possible nouvelle dénomination. Il se prononce cependant en faveur de "Rassemblement pour la République", "très beau", selon lui. Il précise aussi qu'il souhaiterait un parti "le plus gaulliste possible". 



Henri Guaino : "L'UMP est à bout de souffle"par Europe1fr

Au sujet de la campagne de Nicolas Sarkozy, le député des Yvelines se félicite qu'il "prenne de la hauteur". Il invite l'ancien président de la République à "tracer les grandes lignes de ce que peut être un redressement de la France". Et les primaires ? Si Nicolas Sarkozy arrive à la tête de l'UMP, il avance qu'elles auront bien lieu afin de désigner le candidat de 2017. 

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François Hollande, tenir jusqu'en 2017 ? "Nous sommes tombés bien bas et on n'est pas loin du chaos", déplore le député des Yvelines au sujet de la situation actuelle du gouvernement. Il ne voit pas quelles grandes réformes ont été faites depuis que François Hollande. L’état du Parlement ? "Une ambiance de fin de régime", selon lui. Il déplore aussi les reculades du gouvernement devant les destructions des portiques ecotaxe ou les manifestations sur le site de construction du barrage de Sivens. 

La 5e République n'est pas pour autant finie, selon lui. Elle est cependant "abîmée" par "le quinquennat et les primaires des partis qui ont raccourcie le temps". 

L'émission de jeudi du président ? "Ce n'est pas le rôle" du chef d'Etat, c'est "une erreur", tranche Henri Guaino. L'émission a juste servi au président à dire aux Français " 'je me cramponne' ", juge-t-il. 

Henri Guaino a exprimé "des doutes" sur la capacité de François Hollande à rester au pouvoir jusqu'en 2017 mais il met en garde cependant contre la tentation de "liquider les institutions". Il invite au moins à un "toilettage" pour revenir aux institutions telles qu'elles étaient en 1962. 

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