Hénin-Beaumont (FN) : une élue d'opposition décrit un climat de "violence moderne"

  • A
  • A
Partagez sur :

Auteure de Nouvelles du front et élue d'opposition EELV à Hénin-Beaumont (FN), Marine Tondelier témoigne de la violence vécue par les élus et les employés municipaux.

INTERVIEW

Elue d'opposition à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, Marine Tondelier (EELV) publie Nouvelles du front, où elle présente l'envers du décor de la municipalité conduite par le Front national. A la tête de cette commune du Nord-Pas-de-Calais : Steeve Briois installé à la mairie depuis 2014. "Vu de l'intérieur, il y a des habitants qui sont contents mais pour tous ceux qui auraient la mauvaise idée de se mettre en travers de leur chemin, c'est plus compliqué et ça peut devenir violent", explique l'élue sur notre antenne. 

"Un besoin d'être violent". Elle décrit une agressivité verbale qui s'exerce auprès des élus d'opposition, en conseil municipal : "Ça les dérange, ils ont un besoin d'être violents, ce sont des personnes qui ne supportent par l'altérité et la confrontation".

Marine Tondelier évoque des insultes reçues sur les réseaux sociaux, par des habitants de la ville, nourries, selon elle, par un climat d'animosité venant de la municipalité. "C'est le maire qui incite à cette haine, ça se retrouve dans la rue, on se rend compte de la force de la propagande", détaille-t-elle. Cette "violence moderne", s'exerce surtout sur les réseaux sociaux, les élus d'extrême droite "sponsorisent leurs publications" qui apparaissent ainsi sur les fils d'actualité des habitants d'Hénin-Beaumont.

Des "niveaux de gravité inédits" auprès des employés municipaux. Mais si cette violence s'exerce sur les élus d'opposition, elle est aussi vécue par les employés municipaux. Dans ce cas, "on atteint des niveaux de gravité inédits", selon Marine Tondelier. "J'ai mené une vingtaine d'entretiens auprès de ces employés, ils arrivent en vrac chez vous, au bout du rouleau, parfois même plusieurs mois après avoir quitté la mairie", détaille l'écologiste. Elle évoque des "stratégies", plaçant ces personnes "sous pression", "elles pleurent le soir chez elles, se font espionner". "On va leur reprocher d'avoir aimé sur Facebook une photo d'un mariage d'un élu de l'opposition ou de parler avec un élu d'opposition sur une braderie", assure Marine Tondelier.