Hayange : le maire FN dépose une procédure d'expulsion contre le Secours populaire

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En guerre depuis un an contre l'association, qu'il estime d'extrême gauche, le maire FN Fabien Engelmann se tourne désormais vers la justice.

REPORTAGE

Le maire FN d'Hayange en Moselle, Fabien Engelmann, dépose mardi matin une procédure d'expulsion à l'encontre du Secours populaire auprès du tribunal administratif de Strasbourg. Jugeant cette association d'extrême gauche, il menace désormais d'en confisquer les locaux.

Un bras de fer avec la mairie. C'est dans un hangar vieillot à la façade jaunie que le Secours populaire de la ville est installé depuis plus de quarante ans. Mais depuis un an, la mairie a tout coupé, s'indigne Anne Duflot Allievi, responsable de l'association. "Il n'y a pas d'électricité, donc il n'y a pas de lumière. Il n'y a pas de chauffage non plus parce que le gaz nous a été coupé", explique-t-elle, emmitouflée dans une lourde parka. L'association a dû miser sur des petits chauffages à pétrole à l'approche de l'hiver.

"Avant, on pouvait offrir des produits frais ou congelés, mais là, on n'a plus de congélateurs. On n'a jamais eu de soucis jusqu'à l'arrivée de monsieur Engelmann en 2014", dénonce-elle. "Je suis sa tête de turc : pro-migrant et politisée. Quand on veut abattre son chien, on dit qu'il a la rage, on trouve tous les arguments possibles".

"Ils ne respectent pas les règles". Et pour l'édile frontiste, "ce sont des anarchistes". "Ils ne respectent pas les règles. Il y a des règles dans la vie", affirme-t-il auprès d'Europe 1. "Elle [Anne Duflot Allievi, ndlr] a une détestation pour ma personne, pour mon partie politique, pour ma majorité", assure-t-il.

"On a besoin de ces gens-là". À Hayange, le Secours populaire vient en aide à près d'un millier de personnes. "Ça va mal, maintenant qu'il n'y a plus de sidérurgie, il n'y a plus rien, on a besoin de ces gens-là", martèle Nadine, une riveraine. "Il n'y a plus que le Secours populaire pour nous aider !", lance-telle en montrant du doigt les hauts-fourneaux de la ville, désormais à l'arrêt et symboles de la désertion industrielle.