Harcèlement de rue : pour Marlène Schiappa, "l'enjeu, c'est d'abaisser notre seuil de tolérance"

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Invitée d'Europe 1, jeudi matin, la secrétaire d'Etat chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes s'est félicitée de l'adoption définitive du projet de loi contre les violences sexuelles et sexistes par le Parlement. 

INTERVIEW

"L'enjeu, c'est vraiment de faire changer la société, d'abaisser notre seuil de tolérance à ces violences sexistes et sexuelles", a expliqué la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, jeudi matin sur Europe 1, au lendemain de l'adoption du texte contre les violences sexuelles et sexistes par le Parlement. Cette loi définit notamment le "harcèlement de rue", prévoyant des amendes de classe 4, allant de 90 à 750 euros, pour les auteurs. 

"Poser un interdit social clair". "Désormais, il y aura des amendes en flagrant délit", a développé la secrétaire d'État, tout en reconnaissant qu'il n'y aurait "pas un policier derrière chaque femme". "Néanmoins, il faut poser un interdit social clair et dire que les lois de la République interdisent d'invectiver des femmes dans l'espace public. Il n'y a pas un policier à côté de chaque feu rouge et néanmoins cet interdit, globalement, est respecté."

"Continuum des violences". La loi aurait-elle pu empêcher des agressions comme celle de Marie, une jeune femme insultée puis frappée au visage à Paris mardi et qui a publié son témoignage sur les réseaux sociaux ? "Je n'ai pas la prétention de pouvoir réécrire l'histoire", a répondu Marlène Schiappa. "Mais ce que l'on voit dans cette vidéo (de la scène, filmée par une caméra de surveillance, ndlr), c'est ce que les experts appellent le continuum des violences sexistes et sexuelles : ça commence par un homme qui fait des bruits de bouche, salaces, dans le but d'être dégradant envers cette jeune femme, puis qui lui crie des choses, puis des insultes, puis qui lui jette un cendrier au visage, puis qui la frappe très violemment." 

"Arrêter cette escalade". "Je crois qu'il faut arrêter cette escalade dès le début", a poursuivi la secrétaire d'État. "Dès le harcèlement de rue, qui pour l'instant, n'est pas caractérisé. Parce que le fait de l'avoir frappée, de l'avoir agressée, c'est interdit par la loi, une enquête est ouverte. Le harcèlement sexuel aussi. Mais le harcèlement de rue, jusqu'à hier soir, ça ne l'était pas."