Habiter loin d'une gare peut inciter à voter FN, selon une étude

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Habiter loin d'une gare peut inciter à voter FN, selon une étude
Le FN obtient de meilleurs scores dans les régions périphériques que dans les grandes métropoles. @ SEBASTIEN BOZON / AFP
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C'est l'une des conclusions d'une étude publiée mardi par l'Ifop. 

Plus les électeurs vivent loin d'une gare ou du centre d'une grande ville, plus ils ont tendance à voter Front national, un phénomène également observé chez les électeurs de Donald Trump. C'est une des conclusions d'une étude publiée mardi par l'Institut français d'opinion publique (Ifop) sur les ressorts de la vague "nationale-populiste" observée des Etats-Unis à l'Autriche en passant par le Royaume-Uni et la France.

Clivage entre grandes métropoles et France "périphérique". A cinq mois de l'élection présidentielle française, la candidate du Front national, Marine Le Pen, est systématiquement donnée qualifiée pour le second tour par les sondages. Elle bénéficie d'un clivage croissant entre gagnants et perdants de la mondialisation et d'un vote qui prospère dans une France "périphérique" à l'écart des grandes métropoles. 

Selon l'Ifop, les scores moyens du FN au premier tour des élections régionales de 2015 en Ile-de-France varient ainsi de 14% à Paris intra-muros à 29,6% dans un rayon de 30 à 40 km autour de la capitale et à 40,9% à plus de 80 km.

L'exemple de l'Île-de-France. A titre de comparaison, les scores moyens du Parti socialiste tombent de 27,9% dans Paris intra muros à 12,8% à plus de 80 km du cœur de la région capitale. De même, dans la grande couronne francilienne, le FN et le PS ont fait en moyenne presque jeu égal dans les communes disposant d'une gare (22,9% pour le PS, 22,6% pour le FN).

Mais dès que les électeurs s'en éloignent, le parti d'extrême droite prend l'ascendant, avec 23,4% des votes en moyenne dans les communes situées à moins de cinq kilomètres d'une gare, 27,5% entre cinq et dix kilomètres et 35,1% à plus de 10 km, le vote PS s'effondrent alors à 16,6%.

Pas un phénomène uniquement français. Mais ce type de phénomène, étudié notamment par le géographe Christophe Guilluy, n'est pas seulement l'apanage de la France. "Le phénomène FN s'inscrit dans une tendance mondiale", souligne le directeur du département opinion de l'Ifop, Jérôme Fourquet.

Ainsi, aux Etats-Unis 87,2% des suffrages se sont portés sur la candidate démocrate Hillary Clinton à New York, contre 10% pour Donald Trump. Puis les courbes se croisent dans les comtés de l'Etat de New York situés à une soixantaine de kilomètres de Manhattan. Dans les plus éloignés, Donald Trump a recueilli 65,4% des suffrages et Hillary Clinton 29,1%.